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Bulletin Quotidien Europe N° 11584
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) États-unis

La nécessité du TTIP est encore plus forte, assure Mme Malmström

Bruxelles, 30/06/2016 (Agence Europe) - La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a estimé, mercredi 29 juin, que le vote britannique pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE ('Brexit') n'était en rien lié à la controverse sur les négociations de libre-échange UE/États-Unis (TTIP), pointant du doigt la responsabilité des dirigeants britanniques pour le climat 'anti-UE' qu'ils ont entretenu pendant des décennies.

« Au Royaume-Uni, quand vous avez une situation où, pendant des décennies, les leaders politiques ont tenu l'UE pour responsable de toutes les erreurs commises sur le globe, vous ne pouvez pas espérer que (la population) se mette à aimer l'UE en deux semaines de campagne », a estimé Mme Malmström devant la presse, en marge de sa visite auprès des autorités américaines à Washington, les 28 et 29 juin. « Il doit y avoir une réflexion sur la manière dont ils traitent l'UE », a-t-elle insisté.

Mme Malmström a aussi concédé que les lacunes démocratiques dans l'UE avaient pu jouer un rôle dans le vote britannique en faveur du 'Brexit'. « Y a-t-il un manque de démocratie en Europe? Peut-être. Nous devons voir ce qui peut être fait différemment », a-t-elle estimé, admettant que la crise migratoire avait aussi contribué à la défiance britannique à l'égard de l'UE, selon des propos relayés par l'AFP.

La commissaire a en revanche jugé que le vote britannique en faveur du 'Brexit' n'était en rien lié à la controverse sur les négociations TTIP. « À cause d'un manque de transparence sur le TTIP? Non, je ne le pense pas, ce serait une conclusion totalement erronée », a-t-elle dit.

Auparavant, Mme Malmström avait assuré, dans un discours devant le groupe de réflexion Atlantic Council, que le TTIP « survivrait » au 'Brexit' malgré les incertitudes provoquées par ce vote. « Sa raison d'être est encore plus forte maintenant », a-t-elle insisté.

Mme Malmström a réaffirmé l'ambition de l'UE et des États-Unis de conclure un accord de principe sur le TTIP avant le terme de l'administration du président américain, Barack Obama. Un accord réussi doit inclure des dispositions pour la libéralisation du commerce des services, des principes communs pour les bonnes pratiques réglementaires, des dispositions ambitieuses sur le développement durable, des solutions pour protéger les indications géographiques et une voie à suivre sur la protection des investissements, a-t-elle fait valoir, insistant aussi sur la nécessité d'une ouverture accrue des marchés publics américains.

« Nous savons que la commande publique est une question sensible aux États-Unis. Et nous sommes prêts à examiner un résultat ambitieux qui prenne cette sensibilité en compte. Mais il est essentiel que les États-Unis comprennent parfaitement qu'en Europe, c'est le déséquilibre actuel (en la matière) qui est la question très sensible. Une amélioration substantielle est nécessaire sur les possibilités d'accès aux marchés à tous les niveaux de gouvernement aux États-Unis. Ce que l'UE réclame - sur les marchés publics, les services, la coopération réglementaire, les indications géographiques et l'investissement - est faisable, à condition que la volonté politique soit là », a-t-elle conclu.

Le 14ème round de négociations se tiendra du 11 juillet au 15 juillet à Bruxelles. (Emmanuel Hagry)

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