Bruxelles, 30/06/2016 (Agence Europe) - Dans un discours très critique prononcé devant la Fédération internationale de l'Automobile (FIA) à Bruxelles, mercredi 29 juin, la commissaire en charge du Marché intérieur et de l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, a comparé le scandale Volkswagen à la crise bancaire de 2007 pour le déni généralisé dont font preuve les constructeurs automobiles européens.
Pour la commissaire, la situation actuelle de l'industrie automobile en Europe se résume en deux mots: « dispositif d'invalidation ». À ses yeux, tant que la question n'est pas résolue, l'avenir de l'industrie automobile ne sera pas européen, mais américain, chinois et indien. Poursuivant sa charge, elle a comparé le comportement des constructeurs à celui des banques lors de la crise financière de 2007, décelant les quatre mêmes types de déni: le déni de reconnaître une défaillance, de reconnaître l'étendue du problème, du fait qu'il aurait fallu agir avant, de la portée des actions à entreprendre.
« Déni des constructeurs automobiles. Manque de détermination d'un trop grand nombre d'autorités. Trop peu d'honnêteté quant à la situation, trop peu de coopération. Je commence à être fatiguée d'expliquer aux eurodéputés et aux ministres de l'Environnement pourquoi nous n'avons pas une vision complète des faits et pourquoi nous n'entreprenons pas les actions adéquates », s'est-elle ainsi emporté.
Surtout, la commissaire a martelé que les consommateurs européens devaient être traités équitablement, faisant référence à l'asymétrie de traitement avec les consommateurs américains, qui vont être dédommagés par le groupe Volkswagen, contrairement aux consommateurs européens, comme déjà pressenti l'année dernière (EUROPE 1142). Le groupe allemand a en effet annoncé, mardi 28 juin, créer une réserve de financement d'environ 10 milliards d'euros pour dédommager les consommateurs américains.
La question du dédommagement des automobilistes européens a dominé les échanges entre la commissaire et le président du conseil d'administration du groupe Volkswagen, Matthias Müller, qui se sont entretenus peu avant une réunion de haut niveau avec l'ACEA, l'association représentant les constructeurs automobiles européens, jeudi 30 juin, où il a été question également de la nouvelle procédure des tests d'émission en laboratoire WLTP, récemment adoptée par la Commission (EUROPE 11573).
Du côté du Parlement européen, la commission d'enquête EMIS, mise sur pied à la suite du scandale Volkswagen, ne cesse d'amonceler les preuves témoignant des pratiques frauduleuses des constructeurs (EUROPE 11575 et 11543), mais aussi, peu à peu, des manquements du côté des institutions nationales et européennes. L'ancien commissaire à l'Industrie, Günter Verheugen, continue ainsi à repousser l'invitation des parlementaires à venir se présenter devant la commission, malgré la sollicitation personnelle du président du Parlement européen (EUROPE 11578). (Pascal Hansens)