Bruxelles, 29/06/2016 (Agence Europe) - Le secteur bancaire, italien ou autre, sera « protégé de la meilleure manière possible », a promis, mardi 28 juin, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Déjà plombées par les créances douteuses, les banques italiennes ont subi de plein fouet les turbulences provoquées au lendemain du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Les principaux titres bancaires italiens étaient en chute libre, en début de semaine.
Selon l'agence Bloomberg, le gouvernement italien envisagerait une injection de 40 milliards d'euros dans le système bancaire national, sous forme de capital ou de garanties.
Jean-Claude Juncker a expliqué avoir discuté de la situation des banques avec le Premier ministre italien, Matteo Renzi. Nous ferons tout pour éviter toute ruée aux guichets ('bank run') ; ce n'est pas un danger pour l'Italie pour le moment, mais nous devons nous assurer, compte tenu des circonstances mondiales inconfortables, que le secteur bancaire en Italie ou ailleurs sera protégé de la meilleure manière possible.
La presse italienne évoque, quant à elle, une demande du gouvernement de déroger, pendant six mois, aux règles relatives à la résolution bancaire, afin d'éviter un renflouement interne ('bail in') des banques. « L'Union bancaire offre quelques règles pour la recapitalisation des banques, on ne peut pas recommencer tous les deux ans », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, interrogée sur cette possibilité. Toujours selon l'agence Bloomberg, le gouvernement allemand serait contre l'idée que l'Italie protège les investisseurs pour renflouer les banques. « Personne n'a demandé à changer les règles », s'est défendu Matteo Renzi. « Dans la situation actuelle, nous voulons protéger l'argent des contribuables », a-t-il ajouté.
Interrogé par Bloomberg, mardi, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a indiqué que la Commission suivait de près la situation et évaluait ce qui pouvait être fait. « Il y a plusieurs aspects qui concernent la stabilité financière, les règles en matière de concurrence, … », a-t-il expliqué.
En janvier dernier, l'Italie et la Commission s'était mises d'accord sur un sauvetage des banques italiennes qui n'impliquait pas d'aide publique (EUROPE 11477). Les règles de l'UE sont basées sur le principe selon lequel les aides d'État ne devraient être autorisées qu'à titre exceptionnel, mais le gouvernement allemand ne serait pas convaincu que la turbulence provoquée par le référendum britannique constitue une circonstance exceptionnelle, explique encore Bloomberg. (Elodie Lamer avec Mathieu Bion et Aminata Niang)