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Bulletin Quotidien Europe N° 11583
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INSITUTIONNEL / (ae) multilinguisme

La fin de l'anglais dans les institutions, entre mythe et réalité

Bruxelles, 29/06/2016 (Agence Europe) - Le référendum britannique va-t-il signer la fin de l'anglais dans les institutions européennes ? C'est en effet la rumeur qui circule à Bruxelles, depuis l'intervention de l'eurodéputée Danuta Hübner (PPE, polonaise), lundi le 27 juin. Les avis divergent cependant sur l'interprétation des règles européennes en la matière.

L'Union européenne compte 24 langues officielles et 3 langues de travail (l'anglais, le français et l'allemand). L'anglais est toutefois la langue la plus utilisée dans les institutions ; les documents étant préparés et publiés en priorité dans cette langue. Toutes ces langues officielles figurent dans le règlement 1- 1958, soit le premier règlement à avoir été adopté par la communauté européenne.

Au lendemain du référendum britannique, les interprétations divergent sur la possibilité pour un pays de notifier plusieurs langues nationales. L'article 8 du règlement de 1958 indique en effet que, « dans les États membres où existent plusieurs langues officielles, l'usage de la langue sera, à la demande de l'État intéressé, déterminé suivant les règles générales découlant de la législation de cet État ».

« L'anglais a été uniquement notifié par le Royaume-Uni. L'Irlande a notifié le gaélique et Malte, le maltais. Si le Royaume-Uni s'en va, l'anglais s'en va aussi. », a donc déclaré la présidente de la commission parlementaire en charge des Affaires constitutionnelles, Danuta Hübner (PPE, polonaise), le 27 juin lors d'une conférence de presse sur le résultat du référendum britannique. La Commission européenne défend l'avis inverse: « Le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne ne devrait pas entraîner de conséquence sur le statut de l'anglais en tant que langue officielle de l'UE ». « Même si le Royaume-Uni se retire de l'UE, il y a encore deux États membres de l'UE ayant l'anglais comme langue officielle, l'Irlande et Malte. Il n'y aurait donc aucune raison de modifier le régime actuel des langues officielles », se défend le service de presse de la commissaire en charge des Ressources humaines, Kristalina Georgieva, qui ajoute que l'article 8 du règlement de 1958 concerne les langues de communication. Il rappelle aussi que des conclusions du Conseil datant de 2005 permettent à un État membre ayant plusieurs langues (reconnues dans sa Constitution ou sa législation comme langues nationales) d'obtenir, dans une certaine mesure, des traductions dans ces langues. C'est le cas, en Espagne, pour le catalan et le basque, par exemple.

D'après nos informations, le Royaume-Uni aurait notifié l'anglais lors de son adhésion, en 1973. L'Irlande aurait, quant à elle, demandé, en 2007, d'ajouter à cette liste le gaélique, première langue officielle du pays. Malte aurait fait de même avec le maltais en 2004, lors de son adhésion. La question de l'ajout de l'anglais par l'Irlande et Malte ne se serait donc jusqu'ici jamais posée, dans la mesure où la langue figurait, à leur adhésion, déjà sur la liste communautaire des langues officielles. Dans tous les cas, précise la Commission, un changement des règles européennes sur l'utilisation des langues dans l'UE nécessite l'unanimité au Conseil (article 342 du Traité sur le fonctionnement de l'UE).

Face à cette polémique, plusieurs eurodéputés ont déjà pris la défense de l'anglais, comme les députés Charles Tannock (CRE, britannique), Marc Tarabella (S&D, belge) ou encore Liliana Rodrigues (S&D, portugaise). « L'anglais, qu'on le veuille ou non, est la langue à travers laquelle les gens se comprennent le mieux et arrivent à communiquer entre eux. Même sans le Royaume bientôt désuni de Grande-Bretagne, l'anglais doit rester une langue officielle de l'Union européenne. C'est aussi la langue qui nous permet de communiquer avec le reste du monde. », a indiqué Marc Tarabella. (Sophie Petitjean)

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