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Bulletin Quotidien Europe N° 11583
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) avenir de l'ue

à Vingt-sept, les leaders européens entament une réflexion sur les réformes nécessaires

Bruxelles, 29/06/2016 (Agence Europe) - Les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne, sauf le Premier ministre britannique sortant, David Cameron, ont entamé, mercredi 29 juin, « une réflexion politique » axée sur les réformes à mener au niveau européen.

Dans la déclaration qu'ils ont adoptée, les leaders européens ne fixent aucune limite en termes de contenu et de durée à cette réflexion, qui vise à répondre au « mécontentement » des citoyens vis-à-vis de la situation politique et sociale actuelle, « que ce soit aux niveaux européen ou national », et qui s'est exprimé à travers le récent référendum britannique (voir autre nouvelle).

Cette réflexion se poursuivra lors d'une nouvelle réunion informelle des Vingt-Sept à Bratislava dans le cadre de la présidence slovaque du Conseil de l'UE, vendredi 16 septembre.

Pour l'Italien Matteo Renzi, passé « le choc » lié à l'absence d'un État qui habituellement participe aux travaux, la réflexion entamée devra aboutir à « un saut de qualité ». Deux options s'offrent à nous: soit on reste assommé et les bras ballants, soit on se retrousse les manches, a indiqué le Belge Charles Michel, refusant toute « fatalité ». C'est la capacité de l'Europe à montrer sa solidité, sa solidarité et sa capacité à prendre des initiatives qui lui permettra « de retrouver pleinement confiance en elle-même et d'éviter la dislocation », a souligné le Français François Hollande. « Ceux qui aiment le plus l'Europe sont ceux qui n'y sont pas » et c'est quand on n'en bénéficie plus qu'on se rend compte de ce qu'elle fait, a-t-il noté.

Alors que les Vingt-Sept se disent déterminés à « rester unis et à travailler dans le cadre de l'UE pour affronter les défis du XXIème siècle », la Polonaise Beata Szydlo a estimé que la réflexion à venir serait longue et difficile, et devrait porter sur des projets qui lient et non pas qui divisent. La Pologne étant membre du groupe des pays de Visegrad, elle a qualifié de provocation engendrant des divisions, les messages préalables qu'ont transmis les six pays fondateurs, réunis à Berlin le week-end dernier (EUROPE 11581). D'après elle, l'idée d'une UE à plusieurs vitesses signifie tout simplement la fin de l'Union.

L'heure n'était pas, mercredi, à un inventaire détaillé des réformes nécessaires pour démocratiser l'Europe, pour faire en sorte que celle-ci protège mieux ou stimule davantage la compétitivité économique. L'heure n'était pas non plus à l'esquisse d'une nouvelle architecture institutionnelle qui déterminerait le niveau d'ambition des Vingt-Sept, à un an d'élections cruciales en Allemagne et en France. Mais quelques tendances semblent se dégager, notamment en faveur de réformes permettant d'engranger des résultats concrets sur la base de priorités économiques déjà fixées telles que l'emploi, la croissance, l'investissement, le climat.

Plusieurs actions concrètes ont été citées. M. Hollande a souhaité que les priorités, qui seront discutées en septembre à Bratislava, comprennent « le chapitre 'sécurité, protection des frontières et défense' ». La France propose également que tout jeune européen ait la possibilité d'être scolarisé dans un autre pays de l'UE. M. Renzi a aussi évoqué l'idée d'une citoyenneté ad hoc pour autoriser les jeunes Britanniques à continuer de prendre part aux programmes communautaires d'échanges dans les secteurs de l'éducation et de la formation.

Bien sûr que l'UE doit se réformer, mais ce sera dans le droit fil de ce qui a été fait, a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, convaincu de la nécessité d'accélérer les réformes déjà identifiées, sans en rajouter de nouvelles.

Berlin et Varsovie aux antipodes sur l'opportunité d'un changement de traité

« Il ne s'agit pas de changer les Traités, de légiférer plus ou moins, mais de mieux atteindre l'objectif de créer de la richesse, de la prospérité. Personne n'a dit qu'il fallait une Convention pour un large débat sur les Traités », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. « Ce n'est pas le moment pour les grandes réformes » ni pour un grand renouveau du projet européen, a renchéri l'Autrichien Christian Kern. Selon lui, le problème provient surtout de la communication sur l'action de l'Union auprès des citoyens, car ce sont les catégories les plus vulnérables qui, au Royaume-Uni, ont voté contre le projet européen.

Au contraire, Mme Szydlo est d'avis qu'on ne pourra pas faire l'économie de discussions sur une réforme institutionnelle. Aujourd'hui, évoquer un changement de Traité suscite des résistances, par peur de déstabiliser davantage la situation, mais on doit le faire, a-t-elle estimé. Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Konrad Szymanski, a affirmé que les changements des Traités ne devraient en aucun cas toucher aux quatre principes fondamentaux du marché unique. (Mathieu Bion avec Lionel Changeur, Camille-Cerise Gessant, Pascal Hansens, Elodie Lamer, Aminata Niang, Solenn Paulic, Emmanuel Hagry)

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