Bruxelles, 23/06/2016 (Agence Europe) - La constitution d'un matelas de sécurité, le respect du plan d'ajustement économique et la politique monétaire très accommodante de la BCE sont trois facteurs ayant fortement déterminé le retour sur les marchés financiers d'un pays de la zone euro bénéficiaire d'un plan triennal financé par l'un des fonds de sauvetage de l'Eurozone.
Un rapport publié en juin par le Mécanisme européen de stabilité (MES), alimenté par les agences de gestion de la dette de pays de la zone euro ayant fait l'objet d'un plan de sauvetage (Irlande, Portugal, Espagne, Chypre), évalue les étapes que ces pays ont franchies pour parvenir à refinancer seuls leur dette publique. Figurent parmi les facteurs identifiés pour rassurer les investisseurs: - la constitution d'« un coussin de sécurité doté de liquidités conséquentes » afin de rassurer les investisseurs ; - la mise en oeuvre « ferme et crédible » du programme d'ajustement économique ; - « l'impact de taux d'intérêts faibles et du programme 'quantitative easing' de la BCE ».
Le rapport évoque également une démarche similaire qu'ont entreprise les pays concernés pour renouer les contacts avec les investisseurs. Cela commence par une stratégie de communication ciblée, le lancement d'émissions au moment opportun avant le lancement plus large de campagnes d'émissions de titres et d'obligations.
L'Espagne, qui a fait l'objet d'un plan d'aide du MES doté de 41 milliards d'euros en vue de stabiliser son secteur bancaire, n'a jamais perdu l'accès au marché de la dette à long terme, contrairement à l'Irlande, au Portugal et à Chypre. Coupée des marchés de la dette à long terme depuis 2010, la Grèce bénéficie jusqu'en 2018 d'un 3ème plan d'aide, le premier financé par le MES (voir autre nouvelle). (Mathieu Bion)