Bruxelles, 23/06/2016 (Agence Europe) - Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a jugé, jeudi 23 juin, que « le début de la solution au problème du terrorisme commençait en Palestine ».
« Pour pouvoir vaincre le terrorisme, nous devons mettre fin à l'occupation d'Israël avec la création d'un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale (…). Autrement, le terrorisme ne sera pas vaincu, cela continuera de donner des armes et des prétextes aux terroristes, mais, une fois que l'occupation aura cessé, ces prétextes vont disparaître », a souligné le président, lors d'un discours devant le Parlement européen à Bruxelles.
M. Abbas a ainsi insisté sur la nécessité de mettre fin à l'occupation israélienne, dénonçant la poursuite de la colonisation, les destructions, le mur de séparation, « les actions arbitraires » et le « racisme haineux et odieux ». Il a demandé l'aide européenne pour « mettre fin à la plus longue occupation de l'histoire contemporaine », « une occupation sans précédent au 20e siècle, qui se poursuit au 21e, au vu et au su de la communauté internationale ». « Pourquoi le droit international n'est pas appliqué dans le cas d'Israël ? Quand un État agresse un autre État, le monde se lève comme un seul homme pour punir, sauf dans le cas d'Israël. Il peut nous agresser en toute impunité », a dénoncé M. Abbas, se demandant pourquoi les résolutions des Nations Unies restaient lettre morte.
Le président de l'Autorité palestinienne a estimé que les institutions européennes devaient poursuivre leurs efforts sur le plan politique et diplomatique « pour arriver à une solution juste » dans la région. Il a aussi demandé aux Européens de reconnaître l'État de Palestine, car « lorsque l'on croit à la constitution de deux États, il faudrait reconnaitre les 2 États et non pas un seul parmi les deux ».
M. Abbas a également dénoncé le statu quo dans les négociations. « Nous n'avançons pas, nous tournons en rond dans les négociations, nous négocions pour négocier, sans résultat. C'est ce qu'impose Israël pour gagner du temps afin de changer la réalité sur le terrain, ce qui éloigne la possibilité d'une solution à deux États », a-t-il expliqué, tendant la main vers les Israéliens « pour arriver à la paix » dans un conflit qu'il a qualifié d'uniquement politique et non de religieux. Contrairement au président israélien Reuven Rivlin, la veille (EUROPE 11578), M. Abbas a salué l'initiative française, « cet effort noble et digne ». « Il faudrait, si la conférence internationale a lieu, imposer des échéances claires pour les négociations. L'application des accords doit être soumise à des échéances ; il serait bien de créer un mécanisme de suivi », a-t-il souligné. Il a souhaité qu'un mécanisme comparable à celui créé pour le programme nucléaire iranien (5+1) soit utilisé pour régler le conflit israélo-palestinien. M. Abbas a également appelé à la redynamisation de la commission tripartite Israël, Palestine et États-Unis, redynamisation qui passerait par l'entrée de l'UE en tant que quatrième membre. Les États-Unis et l'UE auraient un rôle d'arbitre.
Lors de sa visite à Bruxelles, mercredi 22 et jeudi 23 juin, M. Abbas a rencontré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, tout comme le président du Conseil européen, Donald Tusk. Les Européens ont rappelé leur soutien à l'Autorité palestinienne et au peuple palestinien. (Camille-Cerise Gessant)