Bruxelles, 15/06/2016 (Agence Europe) - La commissaire au Marché intérieur et à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, considère que les autorités locales et régionales ont un rôle important dans la crise de l'acier. Elle a proposé d'utiliser les fonds structurels et d'investissement (fonds ESI) pour soutenir ce secteur, notamment pour soutenir la recherche, lors d'une intervention à la session plénière du Comité des régions (CdR), mercredi 15 juin.
La proposition peut être intéressante, nous a commenté une source du Comité, mais seulement si les fonds ESI sont utilisés pour des investissements sur le long terme, notamment dans la recherche. Ceci afin de permettre à l'industrie d'élaborer de nouveaux produits et de promouvoir une production plus respectueuse de l'environnement. Miser sur la valeur ajoutée pour faire face à la concurrence déloyale chinoise serait la seule voie de sortie, selon cette source. Qui rappelle cependant que les fonds ESI n'ont pas été pensés pour répondre à une crise conjoncturelle, mais à des enjeux structurels.
Mme Bienkowska a également indiqué que les États membres devaient avoir recours au Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du plan 'Juncker' d'investissement, également dans le secteur industriel. « Le FEIS n'est pas pensé seulement pour financer des infrastructures », a-t-elle ajouté, avant de préciser qu'il était possible également de faire appel aux prêts de la Banque européenne investissement. Isole Ries (S&D, allemande), rapporteur de l'avis sur la crise de la sidérurgie pour le compte du CDR, considère cependant que le FEIS représente un potentiel limité pour le secteur de l'acier « étant donné que les conditions du marché ne peuvent pas garantir un retour sur investissement adapté au vu du niveau bas du prix de l'acier ».
Même son de cloche du côté de l'eurodéputé Edouard Martin (S&D, français), rapporteur d'un rapport sur le secteur de la sidérurgie (EUROPE 11455), qui est également intervenu sur la question lors de la session plénière du CdR. « La proposition peut être bonne pour soutenir les investissements, mais ça ne sauvera pas l'industrie de la sidérurgie si on reconnaît le statut d'économie de marché à la Chine et si on ne renforce pas nos instruments de défense commerciale » nous a-t-il confié. Le député précise toutefois que le plan 'Juncker' n'a pas vraiment été utilisé pour la recherche jusqu'à présent. (Pascal Hansens)