Bruxelles, 15/06/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'Eurozone, qui se réuniront au sein du conseil d'administration du Mécanisme européen de stabilité (MES), débloqueront, vendredi 17 juin, à Luxembourg, l'enveloppe de 10,3 milliards d'aide promise à Athènes.
Cette décision n'est qu'une formalité: la Grèce a en effet accompli toutes les mesures préalables qui lui étaient demandées en vue de finaliser la 1ère mission de suivi du 3ème plan d'aide triennal grec doté de 86 milliards d'euros provenant du MES (EUROPE 11570). Le dossier grec ne figure pas officiellement à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, ce jeudi à Luxembourg. Néanmoins, la présence à l'Eurogroupe de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pourrait susciter des discussions sur la participation de l'organisation financière internationale au 3ème programme grec. Tout dépendra de la nouvelle analyse que le FMI fera à l'automne sur la viabilité de la dette grecque en fonction des paramètres d'allègement qu'ont définis Athènes et ses créanciers européens.
Fin mai, l'Eurogroupe avait ouvert la voie au versement, en deux temps, de la tranche de 10,3 milliards d'euros (EUROPE 11557). Une première somme de 7,5 milliards d'euros sera versée la semaine prochaine afin qu'Athènes soit en mesure d'assurer le service de sa dette (5,7 milliards) et éponger les arriérés de paiement de l'administration publique (1,8 milliard). Un deuxième versement de 2,8 milliards d'euros est prévu pour septembre et reste conditionné à la mise en place d'une quinzaine de mesures préalables liées notamment à la mise en place du fonds de privatisation, la gouvernance du système bancaire, l'agence de collecte des revenus et la libéralisation du secteur énergétique.
'Brexit'. Très courte, la réunion de l'Eurogroupe se focalisera sur trois sujets. Les ministres auront un bref échange de vues sur l'inflation et les taux de change sur la base d'analyses de la Commission européenne et de la BCE. Ils débattront de la viabilité des régimes nationaux des retraites, un sujet d'inquiétude dans un contexte de dettes publiques élevées. Il ne s'agira pas pour l'Eurogroupe d'être prescriptif en disant simplement qu'il faut travailler plus ou réduire les retraites pour assurer la viabilité des régimes des retraites, mais d'intégrer dans la discussion des paramètres tels que l'allongement de la durée de vie, d'après une source. Troisièmement, les ministres seront informés du rapport du FMI (au titre de l'article 4) sur la situation économique en zone euro. Ce rapport préconise l'achèvement de l'union bancaire et place une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne dans la catégorie des risques à court terme. Face au risque d'un 'Brexit', aucun pays de la zone euro n'estime nécessaire l'élaboration de plans budgétaires de couverture ('fiscal contingency plans'), a estimé ce haut fonctionnaire européen, mercredi 15 juin.
Déficits espagnol et portugais. Les recommandations par pays adressées par la Commission aux États membres, et notamment à l'Espagne et au Portugal, ne figurent pas à l'ordre du jour de l'Eurogroupe (EUROPE 11553 et 11565). Ce dossier sera traité lors du Conseil Ecofin, vendredi 17 juin. À cette occasion, les 28 ministres devraient reprendre à leur compte les recommandations adressées à l'Espagne et au Portugal en laissant en suspens les délais budgétaires supplémentaires préconisés pour ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB national. Ils attendront ainsi les recommandations de la Commission dans le cadre de la procédure pour déficit excessif, attendues pour début juillet, soit après les élections espagnoles. Si la Commission ne présente pas de recommandation indiquant que l'Espagne et le Portugal n'ont pas accompli les efforts budgétaires attendus en 2015, cela créera de gros remous, a indiqué cette source. Elle a néanmoins noté que le cas espagnol pourrait être abordé avec plus de souplesse que le cas portugais. (Mathieu Bion)