Bruxelles, 25/05/2016 (Agence Europe) - Le vice-Premier ministre ukrainien, Mme Ivanna Klympush-Tsintsadze, a appelé, mercredi 25 mai à Bruxelles, les États membres de l'UE à ne pas repousser leur décision concernant la libéralisation des visas pour les citoyens ukrainiens, à trouver rapidement une solution pour la mise en oeuvre de l'accord d'association et à maintenir les sanctions contre la Fédération de Russie.
Cette inquiétude concernant la libéralisation des visas a été exprimée alors que plusieurs États membres souhaiteraient attendre que le nouveau mécanisme de suspension renforcé soit définitivement adopté pour accorder un régime sans visa à l'Ukraine, mais aussi à la Géorgie, au Kosovo et à la Turquie (EUROPE 11556). Mais, pour Mme Klympush-Tsintsadze, les discussions sur ce mécanisme « n'enlèvent pas la nécessité de prendre une décision et d'agir maintenant » pour accorder ce régime à l'Ukraine. Elle a rappelé qu'un tel mécanisme de suspension existait déjà et insisté pour que l'UE traite chaque cas individuellement et non de façon groupée. Elle a dit que les Ukrainiens espéraient voyager dans l'UE sans visas à l'automne.
Interrogée sur les conséquences du référendum aux Pays-Bas sur l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine (EUROPE 11527), elle a affirmé qu'il y avait « trois ou quatre » suggestions sur la table pour trouver une issue. L'une de ces suggestions était de ne pas prendre en considération la partie bilatérale de l'accord. Cette partie concerne 15% de l'accord. Elle s'est dite toutefois opposée à une renégociation de l'accord, soulignant qu'il revenait au gouvernement néerlandais de prendre une décision. Elle a aussi souligné l'importance de respecter le calendrier de mise en oeuvre de l'accord, cela étant, pour elle, une question de « crédibilité dans le dialogue et la relation ». « Si nous faisons notre part, nous attendons de l'autre partie qu'elle en fasse de même », a-t-elle dit.
En ce qui concerne les sanctions imposées par l'UE à la Russie, Mme Klympush-Tsintsadze a dit espérer que celles-ci seront maintenues, alors qu'elles sont contestées dans plusieurs États membres. Les sanctions économiques viennent à expiration à la fin du mois de juillet et plusieurs États membres ont réclamé, une nouvelle foi, un débat à leur propos. Pour elle, ces sanctions définissent « la ligne entre le bien et le mal. « Si les Européens lèvent les sanctions, il n'y aura pas de division claire entre le bien et le mal en Europe, pas de vraie distinction entre soutenir la démocratie et faire du commerce avec une dictature », dirigée par un président qui ne cesse de violer « la loi à tous les niveaux possibles ». Selon elle, si l'UE ne proroge pas ses sanctions, cela se retournera contre elle. Elle a aussi estimé que les sanctions de l'UE concernant l'annexion de la Crimée étaient « très faibles » et « pas très impressionnantes », faisant un parallèle avec la réaction timide de l'UE lors de l'invasion de la Géorgie par la Russie en 2008. (Camille-Cerise Gessant)