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Bulletin Quotidien Europe N° 11558
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INSTITUTIONNEL / (ae) pays-bas

L'Union doit se recentrer sur l'essentiel et favoriser la coopération, selon Sa Majesté Willem-Alexander

Bruxelles, 25/05/2016 (Agence Europe) - Pour répondre aux nombreux défis auxquels elle doit faire face, l'Union européenne devrait faire son « examen de conscience » et revenir à l'essentiel, c'est-à-dire « coopérer » là où une action commune est indispensable, a affirmé Sa Majesté Willem-Alexander, roi des Pays-Bas, dans un discours solennel tenu en séance plénière du Parlement européen, mercredi 25 mai à Bruxelles.

Quelle Europe voulons-nous ? De quoi voulons-nous être fiers ? Ce sont les deux questions qui ont guidé l'intervention du roi Willem-Alexander devant les députés. Les réponses qui doivent être apportées sont plus que jamais nécessaires, selon lui, puisque l'Union est confrontée à des défis de nature diverse, comme le terrorisme, la criminalité, la migration, la relance de l'économie ou le déficit démocratique. Aussi urgentes soient-elles, les réponses ne doivent toutefois pas consister à faire en sorte que l'Union élargisse ses domaines d'action, le plus important étant, pour lui, qu'elle se concentre sur l'essentiel et apprenne à mieux anticiper. Elle doit aussi se rapprocher de ses citoyens et des réfugiés « qui ont un permis de séjour », a-t-il dit.

Sans jamais désigner directement les populistes et nationalistes, dont l'influence ne cesse de croître en Europe, son discours a néanmoins posé la question de la montée de l'eurosceptiscime et de la méfiance grandissante envers l'Autre, son propre voisin. Il a ainsi insisté sur le fait que les acquis culturels d'une nation, aussi chérissables qu'ils soient, sont le fruit d'un « chevauchement », d'une multitude de sources, se trouvant souvent dans d'autres pays. Selon lui, ce qui nous rassemble, c'est cet idéal de civilisation que les Européens partagent. Cet idéal - et les valeurs qui en découlent - est aujourd'hui remis en cause et, pour cette raison, les Européens devraient s'unir pour mieux coopérer afin de le défendre.

La voie à suivre qu'il a proposée peut être ainsi vue comme le signe du respect de l'héritage de la reine Beatrix, à laquelle il a succédé sur le trône en 2013. Car cette voie consiste surtout à appeler à davantage de « coopération » dans la 'maison Europe', plutôt qu'au besoin de s'intégrer. La notion d'intégration était aussi absente de son discours qu'elle le fut dans l'allocution prononcée par la reine Beatrix devant le Parlement européen, à Strasbourg, en octobre 2004. Les deux souverains ont privilégié la « bonne coopération » dans des domaines « essentiels » et d'intérêt commun. La reine Béatrix avait pointé du doigt en 2004 le risque d'une « bureaucratie omniprésente », alors que son successeur vient d'évoquer une « Bruxelles » pouvant être perçue par certains comme un « épouvantail ». (Jan Kordys)

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