Bruxelles, 26/04/2016 (Agence Europe) - La Cour des comptes de l'UE a souligné le succès des programmes européens de surveillance, de lutte et d'éradication de certaines maladies animales, dans un rapport publié mardi 26 avril. Néanmoins, cette étude révèle la difficulté à déterminer leur bon rapport coût-efficacité.
Avec un financement de l'UE de 1,3 milliard d'euros pour la période 2009-2014, les programmes européens zoosanitaires ont enregistré des succès considérables. Les mesures prises par la Commission européenne ont été particulièrement fructueuses pour éradiquer l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins - plus connue sous le nom de 'la maladie de la vache folle'- passant de 125 cas recensés en Europe en 2008 à 10 cas seulement en 2014. Des réductions notables ont également été observées concernant les cas de salmonellose chez les volailles et ceux de rage chez les animaux sauvages.
Un bilan positif. Menée dans sept États membres (Irlande, Espagne, France, Italie, Pologne, Roumanie et Royaume-Uni) qui, ensemble, représentent 72% des dépenses totales dans ce domaine, l'étude fait état de la bonne approche suivie par la Commission: - conseils techniques judicieux ; - analyse des risques adéquate ; - mécanismes permettant d'établir des priorités dans l'affectation des ressources. Les programmes nationaux examinés sont, eux aussi, selon les auditeurs, bien conçus et mis en oeuvre, avec des systèmes adéquats permettant de localiser les foyers de maladies animales afin d'en faciliter l'éradication.
Domaines perfectibles. Le rapport coût-efficacité des programmes reste difficile à déterminer en raison du manque de modèles disponibles pour réaliser une telle analyse. Les auditeurs ont également relevé, d'une part, certains programmes insuffisamment contrôlés par les États membres et, d'autre part, des coûts exagérément élevés. En Italie par exemple, les indemnités versées pour les animaux détruits dans le cadre de programmes vétérinaires étaient parfois supérieures aux valeurs de marché des animaux sains. Par exemple, en 2012, les éleveurs y percevaient en moyenne 87 euros et jusqu'à 111 euros pour chaque ovin détruit dans le cadre des programmes d'éradication, alors que le prix moyen sur le marché pour les carcasses d'ovins sains était, à l'époque, inférieur à 60 euros.
La Cour des comptes rappelle à la Commission européenne que « les maladies animales peuvent se propager rapidement au-delà des frontières et certaines sont transmissibles à l'homme », a déclaré Bettina Jakobsen, responsable du rapport. La Cour rappelle également que les foyers de maladies sont toujours susceptibles d'apparaître.
Défis persistants. De nombreuses maladies comme la brucellose bovine, ovine et caprine ou encore la tuberculose bovine posent encore problèmes dans certains États membres. La Cour émet donc quelques recommandations à la Commission comme faciliter l'échange d'informations épidémiologiques entre les États de l'UE ou encore aider ces États à acquérir les vaccins. Mme Jakobsen rappelle qu'« une vigilance continue et une action efficace au niveau de l'UE sont primordiales ». (Maëlle Didion, stag)