Bruxelles, 26/04/2016 (Agence Europe) - Le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, l'a assuré aux députés européens: il n'a pas l'intention de retarder encore davantage la publication de critères scientifiques permettant de définir un perturbateur endocrinien. Devant la commission parlementaire de l'environnement et de la santé publique, il s'est engagé, mardi 26 avril, à présenter une proposition « avant l'été ».
Au cours de cette réunion organisée dans le cadre du dialogue structuré, le commissaire a été interrogé sur des sujets aussi divers que la résistance antimicrobienne, l'accès aux médicaments innovants, le tabac, les acides gras trans ou encore l'alcool.
Sur les perturbateurs endocriniens, il a affirmé que la Commission était consciente de l'arrêt de la Cour de justice de l'UE stipulant que le délai pour présenter des critères scientifiques définissant les perturbateurs endocriniens avait été dépassé. « Toutefois, l'arrêt de la CJUE n'est pas en contradiction avec notre travail: l'évaluation d'impact que nous menons actuellement nous aide à prendre une décision », a indiqué le commissaire. À l'heure actuelle, la Commission évalue quatre scénarios possibles, dont la prise en compte du critère de puissance (scénario 4), comme le souhaiterait l'industrie. « Les toxicologues et les endocrinologues doivent se mettre d'accord. Ce n'est pas à la Commission de trancher. J'attends la publication du rapport d'experts », a-t-il indiqué.
Sur la directive sur les produits du tabac (2014/40/UE), le commissaire a indiqué que huit États membres lui avaient pour l'instant signalé avoir transposé le texte dans leur droit national. Il a rappelé que le délai était fixé au 20 mai et qu'il n'hésiterait pas, le cas échéant, à lancer des procédures d'infraction. Il a également indiqué que la Commission devait encore adopter des actes d'exécution sur les ingrédients prioritaires et sur des groupes d'essai pour les goûts caractérisants. En réponse à une question de la libérale Frédérique Ries (belge), il a indiqué « se féliciter » des mesures prises par certains États membres pour introduire le paquet de cigarettes neutre et que, même si la façon d'encadrer les cigarettes électroniques relevait du choix des États membres, lui était en faveur de la « réglementation la plus stricte possible » dans la mesure où « les cigarettes électroniques sont dangereuses ».
Sur les autres sujets, il a fait savoir qu'il présenterait une évaluation du plan d'action sur la résistance antimicrobienne et des lignes directrices européennes pour un usage prudent des antimicrobiens dans la santé humaine d'ici la fin de l'année. Il s'est également engagé à publier un projet pilote pour soutenir les femmes en proie à des problèmes d'alcool cette année et une proposition sur les acides gras trans l'année prochaine (Sophie Petitjean)