login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11537
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Terrorisme, les ministres veulent une interface unique pour accéder aux données des différents systèmes

Luxembourg, 21/04/2016 (Agence Europe) - Aller vers la création, à terme, d'une interface unique permettant aux autorités répressives d'avoir plus facilement accès aux données contenues dans différentes bases européennes, comme la base Eurodac ou le Système d'information Schengen (SIS), renforcer l'échange d'informations et alimenter encore davantage les bases de données policières européennes.

Ces questions ont dominé à nouveau les débats des ministres de l'Intérieur, jeudi 21 avril à Luxembourg, consacrés à la sécurité dans l'UE et les suites à donner à la série d'attentats perpétrés en Europe, le dernier ayant fait 32 victimes à Bruxelles le 22 mars. Des débats qui s'inscrivaient aussi dans le suivi de la réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur du 24 mars, qui avaient déjà insisté sur la nécessité pour les pays membres d'alimenter continuellement les bases de données existantes et de se partager les éléments les plus pertinents.

Concrètement, les ministres espèrent avancer d'ici au Conseil de juin sur l'interconnexion des fichiers de données relatives notamment au terrorisme et aux frontières et l'interopérabilité des systèmes, la Commission espérant, par exemple, que cette future interface soit mise au point « le plus vite possible », a expliqué le commissaire Dimitris Avramopoulos, lors d'une conférence de presse intermédiaire. L'idée serait de permettre aux autorités autorisées à le faire d'avoir accès plus rapidement aux données contenues dans différentes bases européennes, sans avoir à passer pour cela par une succession de démarches.

Encore floue, cette interface n'est pas sans poser d'éventuelles questions juridiques et techniques, par exemple, sur les garanties de protection des données personnelles et sur les autorités pouvant accéder à tel ou tel type de données. Ce sont ces préoccupations que sont en train d'analyser les ministres, a commenté, pour sa part, le ministre néerlandais de la Sécurité et de la Justice, Ard van der Steur.

Jeudi matin, les Vingt-huit ont aussi eu l'occasion de discuter des propositions de la Commission européenne sur les 'frontières intelligentes' (EUROPE 11526), qui créent un système d'entrée/sortie pour les voyageurs des pays tiers, un paquet qui a reçu un accueil favorable, l'objectif de la Présidence et de la Commission étant de favoriser un accord avant la fin 2016 et « plus tôt, si possible », a dit le ministre néerlandais.

L'alimentation d'Europol encore défaillante

Les ministres de l'Intérieur, dont certains, à la demande du ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, s'étaient réunis en marge du Conseil, le matin, dans un cadre plus restreint, pour aborder plus spécifiquement cette question du partage d'informations, ont aussi discuté d'une nouvelle note du Coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove.

Dans cette note, le Belge pointe les faiblesses persistantes dans l'alimentation des données fournies à Europol. Le Coordinateur fait notamment observer qu'au 16 avril, le système d'Europol, dit point focal pour les combattants étrangers, était alimenté de 2 956 entrées de personnes vérifiées, et le Système d'information européen (EIS) était, lui, doté de 1 615 entrées fournies par les États membres. Or, fait remarquer le Coordinateur, des informations sérieuses établissent à 5 000 le nombre d'Européens ayant voyagé en Syrie ou en Irak pour rejoindre le groupe État islamique.

Le Coordinateur écrit aussi qu'en 2015, 90% des informations données sur ces combattants étrangers provenaient toujours uniquement de 5 pays membres, non précisés.

Interrogé sur l'efficacité de la lutte européenne contre le terrorisme, le commissaire Avramopoulos a estimé que l'UE était mieux préparée et avait fait « de grands progrès ». Les États membres ont, selon lui, pleinement compris l'importance de renforcer leur action, par exemple en faisant plein usage des instruments existants ou en en créant de nouveaux. Le ministre néerlandais a souligné la contribution du nouveau Centre européen de contre-terrorisme, actif depuis janvier, et la valeur ajoutée des directives sur le PNR européen et sur la prévention du terrorisme, qui renforcent, elles aussi, la réponse de l'UE. (Solenn Paulic)

Sommaire

REPÈRES
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES