Nicosie, 21/04/2016 (Agence Europe) - « Donner rapidement du travail aux migrants » serait la meilleure réponse pour relever le défi de l'intégration « des réfugiés dans nos communes », ont insisté les participants du congrès « Demain commence aujourd'hui! » organisé par le conseil des communes et régions d'Europe (CCRE), jeudi 21 avril à Nicosie.
Confrontés aux multiples difficultés et défis que représente l'intégration des migrants, des centaines de maires se rencontrent pendant trois jours dans la capitale chypriote dans le cadre de ce congrès. L'objectif est de partager leurs expériences et procéder à un échange de bonnes pratiques alors qu'« une meilleure intégration des migrants est un défi majeur de nos jours », selon les mots de Santo Caruso, porte-parole du CCRE sur l'asile et l'immigration et maire d'un petit village italien.
Les participants invités à s'exprimer ont été plusieurs à confirmer que l'étape principale d'une bonne intégration des migrants passe inévitablement par un accès rapide à l'emploi (voir aussi un autre débat sur ce thème EUROPE 11493). Pour Agnese Papadia, de la direction générale Migration et Affaires intérieures à la Commission européenne, l'objectif qui doit être poursuivi est simple: « Plus tôt l'intégration commence, mieux c'est ». S'appuyant sur différentes études, elle a soutenu que cet objectif était d'autant plus important que les migrants arrivant en Europe « sont très motivés, mais s'ils ne font rien pendant un an, leur motivation s'effondre ».
Mais les bénéfices d'une intégration rapide des migrants peuvent également être visibles du côté de ceux qui les accueillent, a souligné Irena Guidikova, chef de département et directrice de programme 'villes interculturelles' au Conseil de l'Europe. Selon elle, accueillir les migrants et leur fournir un travail a un « impact économique positif pour les pays d'accueil », les migrants pouvant être considérés comme des « ressources » puisqu'ils sont dotés de « qualifications et compétences dont l'UE a besoin ».
Garantissant que les migrants font « partie intégrante de la communauté européenne », Mme Guidikova a ajouté qu'il était important que les habitants et autorités locales « ne laissent pas les migrants en marge de la société ». Pour ce faire, il est nécessaire de « contenir les craintes des locaux à l'égard des réfugiés et créer des ponts entre eux pour amener la confiance ». Cela fait partie du processus d'intégration, a-t-elle dit.
Lena Micko, présente en tant que présidente de l'association SALAR, qui regroupe les autorités locales et régionales suédoises, a confirmé les propos d'Irena Guidikova. Cible des migrants en tant que destination, la Suède a comptabilisé, en 2015, 165 000 demandes d'asile. « Les demandeurs d'asile représentent des opportunités pour tous les États membres de l'UE et chaque pays doit prendre soin des réfugiés ». Mme Micko a rappelé que « la relativité est de mise: nous ne sommes pas envahis par les réfugiés qui représentent seulement 0,19% de la population européenne, contrairement aux pays comme le Liban ».
Agnese Papadia a souligné l'efficacité et l'importance des « pratiques et actions novatrices des niveaux locaux et régionaux pour trouver des solutions au problème de l'intégration ». Toutes les solutions évoquées lors de ce débat « seront prises en compte par la Commission européenne dans le plan d'action de l'UE ». Selon elle, « l'intégration doit reposer sur une approche complémentaire: l'Europe doit travailler main dans la main avec les autorités locales et régionales ». (Maëlle Didion, stag)