Amsterdam, 21/04/2016 (Agence Europe) - Le président de la BCE, Mario Draghi, a estimé, jeudi 21 avril, que la politique monétaire accommodante, qui vise à garantir « la stabilité des prix dans toute la zone euro, pas seulement pour l'Allemagne », commençait à porter ses fruits.
Après les décisions que nous avons prises début mars (EUROPE 11509), « les conditions de financement dans la zone euro se sont améliorées » et la transmission de la politique monétaire aux entreprises et aux ménages via le système bancaire « se renforce », a déclaré M. Draghi, à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, tout en reconnaissant la persistance des « incertitudes au niveau international ».
Le président de la BCE a indiqué que l'institut monétaire avait commencé à porter à 80 milliards d'euros les achats mensuels d'actifs dans le cadre de l'opération 'quantitative easing' (QE) qui sera prolongée jusqu'en mars 2017, « ou au-delà si nécessaire », c'est-à-dire si la trajectoire de l'inflation à moyen terme n'est pas conforme au mandat de la BCE. « En juin », nous débuterons l'achat de titres émis par des entreprises non bancaires de la zone euro parmi les mieux notées par les agences de notation ('CSPP'), a-t-il précisé. La BCE a d'ailleurs apporté plus de détails sur les modalités de ces prises de position (titres notés au pire BBB-, maturité minimale de 6 mois et maximale 30 ans au moment de l'achat). Enfin, c'est aussi en juin que sera lancée une première opération d'octroi ciblé de liquidités bancaires à maturité longue ('TLTRO II'), opération non conventionnelle dévoilée également en mars dernier.
Réponse aux critiques allemandes. Interrogé sur les critiques allemandes concernant la politique de taux très faibles, voire négatifs, de la BCE qui affecte directement les épargnants allemands, M. Draghi a rappelé l'indépendance de l'institution européenne garantie dans les traités: La BCE « obéit à la loi et pas aux politiques ». « Nous avons pour mandat de préserver la stabilité des prix dans l'ensemble de la zone euro, pas seulement en Allemagne », a-t-il souligné. Convaincu que les politiques de la BCE « fonctionnent », il a estimé que celles-ci n'étaient « pas très différentes des politiques (monétaires) dans le reste du monde ». Et d'ajouter: « Les taux d'intérêt bas ne sont pas une caractéristique européenne. Ils sont un symptôme d'une faible croissance et d'une faible inflation et non une cause de la politique monétaire ».
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, aurait accusé la BCE d'être responsable d'une partie du succès électoral du parti eurosceptique AfD aux récentes élections régionales allemandes.
Après la baisse des principaux taux directeurs effectuée en mars, la BCE a maintenu, jeudi, les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement (0,00%), de la facilité de prêt marginal (0,25%) et de la facilité de dépôt (-0,40%). Ces taux resteront bas pour une période prolongée bien au-delà de la fin de l'opération 'quantitative easing', a réitéré M. Draghi. (Mathieu Bion)