Bruxelles, 21/04/2016 (Agence Europe) - Les grands producteurs d'acier de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) - le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, le Mexique, la Turquie, la Suisse et l'UE - sont convenus, lors d'une réunion de haut niveau, lundi 18 avril à Bruxelles, de mesures pour une coopération accrue face à la crise mondiale des surcapacités dans le secteur de l'acier. Comme l'a montré le symposium de l'OCDE le jour même, la Chine reste en retrait (EUROPE 11535).
Dans une déclaration conjointe, ces pays sont convenus de la nécessité d'un « dialogue international continu » visant à identifier les politiques efficaces pour résoudre le problème de « dimension mondiale » des surcapacités dans le secteur de l'acier et à promouvoir une transparence accrue de leurs politiques.
Ils sont convenus que la restructuration du secteur devait être « axée sur le marché », en excluant les mesures étatiques qui engendrent des distorsions, mais que, dans le même temps, les États pouvaient jouer un « rôle positif » dans le soutien des fermetures d'usines et des travailleurs et communautés touchés.
Admettant que les crises économiques conjoncturelles et structurelles expliquent en partie la crise que traverse le secteur, ces pays imputent toutefois aux mesures gouvernementales de soutien la responsabilité des surcapacités, du commerce déloyal et des distorsions des échanges d'acier qui ont eux-mêmes entraîné l'adoption d'un « nombre croissant » de mesures de défense commerciale et, donc, de tensions commerciales.
Pour tenter de remédier à la situation, les grands pays producteurs d'acier de l'OCDE sont convenus de s'assurer de ne pas octroyer de subventions ou d'autres formes de soutiens à des usines sidérurgiques non rentables ou systématiquement déficitaires ni d'encourager l'investissement dans la capacité de production d'acier supplémentaire qui pourrait fausser la concurrence.
Ils veilleront à ce que leurs plans, politiques et lignes directrices ne favorisent pas l'expansion nette de la capacité de production d'acier. Ils veilleront aussi à ce que la fermeture des entreprises et usines non rentables ou systématiquement déficitaires soit autorisée ; à cet égard, ils travailleront ensemble pour identifier et promouvoir des politiques d'accompagnement.
Ces pays sont aussi convenus de renforcer l'échange d'informations sur l'évolution des capacités et sur la formulation et la mise en oeuvre des politiques et des mesures de soutien pour l'acier.
Enfin, ils s'assureront que les entreprises détenues totalement ou partiellement par l'État ne reçoivent pas de prestations spéciales qui faussent la concurrence.
L'OCDE est, pour sa part, invitée à développer, en coopération avec d'autres pays producteurs d'acier importants, un forum mondial sur la restructuration du secteur, incluant: - l'élaboration d'un mécanisme de partage d'information sur l'évolution des capacités d'acier brut et les politiques et mesures gouvernementales de soutien pour réduire les surcapacités et faciliter la restructuration du secteur ; - l'élaboration de lignes directrices sur les politiques et mesures gouvernementales de soutien à la restructuration qui minimisent les distorsions du marché ; - la supervision des soutiens des organismes de crédit à l'exportation pour les nouveaux projets dans le secteur ; - le développement de prévisions de l'offre et de la demande à long terme pour l'acier, en prenant en compte les tendances démographiques et l'innovation dans les secteurs consommateurs d'acier ; l'examen d'une assistance technique plus efficace à la restructuration. (Emmanuel Hagry)