Bruxelles, 20/04/2016 (Agence Europe) - Bien que les véhicules testés par le Centre commun de recherche (CCR) entre 2007 et 2010 aient présenté des taux de gaz polluant bien plus élevés que les normes autorisées, il est impossible de dire, pour l'organisation, si les véhicules ont été truqués ou non, car ce n'était pas l'objet de son mandat, a déclaré la directrice responsable de la coordination du soutien aux politiques du CCR, Delilah Al-Khudhairy, devant la commission d'enquête sur le scandale Volkswagen, mardi 19 avril.
« Pour les mesures d'émissions, notre mandat n'a pas été de vérifier la conformité ou d'homologuer les véhicules, mais de développer de nouvelles méthodes de tests et de nouvelles possibilités technologiques pour limiter les émissions de véhicules et améliorer l'efficacité énergétique », s'est d'emblée défendue Mme Al-Khudhairy, anticipant les questions de son auditoire.
La directrice a ainsi expliqué que son centre de recherche travaillait sur des systèmes portables de mesure en conditions réelles de conduite (PEMS) depuis 2004, à l'origine pour les camions et les bus seulement. À partir de 2007, le CCR a envisagé d'étudier la question pour étendre l'utilisation des PEMS aux véhicules légers. L'organisation s'est ainsi procurée 12 véhicules sélectionnés en fonction de la taille et du modèle du moteur et a pu mesurer des taux d'oxyde d'azote (NOx) de 4 à 7 fois, voire dans certains cas 14 fois, plus élevés que les normes européennes.
« Le CCR connaissait les dispositifs d'invalidation et savait que leur utilisation était interdite », a -t-elle assuré, avant de rappeler, lors des échanges, que le CCR s'était borné à son mandat et avait communiqué l'intégralité des résultats à la Commission et aux États membres, notamment dans le cadre du groupe d'experts RDE consacré aux émissions de gaz polluants pour les véhicules légers, rejetant ainsi, en creux, la responsabilité sur la Commission européenne et les États membres. Il est vrai que, selon plusieurs médias allemands, les autorités américaines, à l'origine de la révélation du scandale, auraient été tenues au courant par des sources internes de la Commission, soulevant maintes interrogations du côté des médias et de la classe politique européenne et des États membres (EUROPE 11430).
Une source parlementaire s'est, pour sa part, interrogée sur les raisons de la présence de la directrice, Delilah Al-Khudhairy, envoyé par le CCR, alors qu'elle n'a jamais été responsable du suivi des tests RDE. « Nous attentions Giovanni De Santi (le directeur de l'Institut de l'Énergie et du Transport au CCR - NDLR) » ? a-t-elle poursuivi, craignant une coopération voilée de la part du Centre de recherche et une éventuelle mise sous « tutelle politique » par la Commission européenne.
La prochaine réunion de la commission d'enquête aura lieu le 28 avril. (Pascal Hansens)