Bruxelles, 20/04/2016 (Agence Europe) - Trois ans après la « garantie pour l'emploi des jeunes », la Commission européenne examine aujourd'hui l'idée d'une « garantie pour les compétences ». Cette dernière pourrait faire partie du futur Agenda pour des compétences nouvelles en Europe. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre la commissaire Marianne Thyssen lors d'un échange de vues avec les eurodéputés, lundi 18 avril.
D'après la Commission européenne, un cinquième des Européens - soit 70 millions d'adultes - rencontrent des problèmes pour lire, écrire ou calculer. Près de 40% des entreprises font état de difficultés pour recruter du personnel ayant les compétences requises, y compris des compétences numériques. Dans le même temps, on estime à environ 25% le taux des jeunes travailleurs hautement qualifiés qui sont surqualifiés pour l'emploi qu'ils occupent. Dans ce contexte, la Commission européenne s'apprête à présenter, le 1er juin prochain, un Agenda pour des nouvelles compétences en Europe.
Devant les députés de la commission de l'éducation et de la culture du Parlement européen, la commissaire Thyssen a expliqué que le futur texte s'appuierait sur trois objectifs clés, à savoir améliorer les niveaux de compétences, augmenter la qualité et l'attractivité de la formation professionnelle et encourager l'entrepreneuriat. « À l'heure actuelle, les compétences deviennent rapidement obsolètes. Il faut donc s'assurer que les gens puissent mettre à jour et améliorer leurs compétences tout au long de leur vie professionnelle. J'examine en ce moment le potentiel d'une garantie pour les compétences, qui guide les États membres sur le meilleur moyen d'augmenter l'accès et le recours aux moyens d'augmenter les compétences pour les adultes peu qualifiés », a déclaré la commissaire chargée de l'Emploi, des Affaires sociales, des Compétences et de la Mobilité des travailleurs.
Pour rappel, la Commission avait déjà mis en place en 2013 une garantie pour l'emploi des jeunes, afin que les jeunes de moins de 25 ans se voient proposer un emploi de qualité, un enseignement ou une formation dans les quatre mois suivant leur sortie de l'école ou la perte de leur emploi. Lors de son intervention, la commissaire a en outre fait remarquer que l'esprit d'entreprise variait grandement d'un État membre à l'autre (17% en Pologne et 3% en Autriche et au Danemark) et qu'il devait être encouragé et encadré.
Le commissaire à l'Éducation, la Culture, la Jeunesse et le Sport, Tibor Navracsics, a, quant à lui, insisté sur l'importance d'une action dès le plus jeune âge et d'une expérience sur le terrain. Il a également souligné son attachement aux compétences numériques. « À l'heure actuelle, 70% des enseignants de l'UE reconnaissent l'importance des technologies de l'information et de la communication. Pourtant, seuls 25% des étudiants reçoivent des cours donnés par des enseignants qui s'y connaissent. Il est indispensable de former les enseignants en ce sens », a-t-il indiqué, avant d'insister sur le rôle des compétences transversales, comme les compétences civiques et sociales. (Sophie Petitjean)