Bruxelles, 18/03/2016 (Agence Europe) - Les chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Union européenne ont rappelé, vendredi 18 mars, être prêts à soutenir le gouvernement d'entente nationale libyen, « en tant qu'unique gouvernement légitime de la Libye », afin d'empêcher qu'une nouvelle route migratoire s'ouvre vers l'Europe.
Ainsi, à la demande de ce gouvernement, qui n'a toujours pas reçu l'approbation du Parlement libyen, l'UE et ses États membres seront prêts à l'aider à restaurer la stabilité dans le pays, à combattre le terrorisme et à gérer la migration dans la Méditerranée centrale. « Il faut empêcher que se développent les routes alternatives de la Lybie vers l'Italie », a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel.
Dans une lettre datée du 12 mars à destination des ministres européens des Affaires étrangères, la Haute Représente pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, avait estimé qu'il « y avait plus de 450 000 personnes déplacées et réfugiés à l'intérieur de la Libye, lesquelles pourraient être des candidats potentiels pour la migration en Europe ».
En marge du Conseil européen, Mme Mogherini, le président français, François Hollande, Mme Merkel, les Premiers ministres italien, espagnol, britannique et maltais ont discuté de l'aide que l'UE pourrait apporter à la Libye. Il s'agirait de fournir des formations aux gardes-côtes et à la police, d'assurer un soutien aux municipalités ou, encore, d'enclencher la phase suivante du mandat de l'opération navale de l'UE en Méditerranée (EUNAVFOR Med Sophia) pour que celle-ci mène des actions dans les eaux territoriales libyennes. Cette opération « ne peut pour le moment se faire que dans les eaux internationales. Or, pour que cela soit efficace, il faut être au plus près des côtes. Cela suppose que le gouvernement libyen puisse autoriser l'opération et ainsi éviter qu'il puisse y avoir des mouvements à travers des embarcations de fortune ou, hélas, d'infortune », a déclaré M. Hollande. Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a également estimé que ce serait « une erreur d'intervenir sur le plan militaire sans requête explicite » de la part du gouvernement libyen légitime.
Par ailleurs, une source européenne a annoncé qu'à l'initiative de la Haute Représentante, les ministres européens des Affaires étrangères et de la Défense se réuniront, lundi 18 avril, pour discuter au dîner de la situation en Libye. Ce dîner se tiendra à Luxembourg, à l'issue de la réunion formelle du Conseil Affaires étrangères et en amont de celle du Conseil Défense du 19 avril. (Camille-Cerise Gessant avec Emmanuel Hagry, Aminata Niang, Mathieu Bion et Elodie Lamer)