Strasbourg, 10/03/2016 (Agence Europe) - Les Länder allemands de Rhénanie du Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat, qui se trouvent à la frontière avec la Belgique, ont annoncé, mardi 8 mars, le dépôt d'une plainte commune auprès de l'UE et de l'ONU dénonçant la prolongation jusqu'en 2025 de l'activité de trois réacteurs nucléaires belges.
Initialement prévus pour une durée de vie de 40 ans, les unités (réacteurs) 1 et 2 de la centrale de Doel et l'unité 1 de la centrale de Tihange devaient être arrêtés en 2015, mais l'autorité de sûreté nucléaire belge leur a finalement octroyé un certificat de prolongation pour rester en fonction jusqu'en 2025. La loi validant ce prolongement doit être entérinée prochainement par le Parlement belge.
La plainte des deux Länder allemands va être déposée auprès de la Commission européenne ainsi que du comité de l'ONU sur la convention d'Espoo relative à l'évaluation de l'impact sur l'environnement dans un contexte transfrontalier, basé à Genève.
Les deux régions allemandes pointent la dimension « transfrontalière » d'une décision belge de prolongation de la durée de vie des réacteurs, prise sans les consulter et sans leur avoir envoyé d'étude d'impact requise.
Comme elle l'avait fait pour le Luxembourg et les Pays-Bas en janvier, la Belgique avait donné des garanties à l'Allemagne - qui est en phase d'abandon progressif de l'énergie nucléaire - quant à la sûreté de son parc nucléaire, lors de la visite à Bruxelles de la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks, le 1er février dernier (EUROPE 11482).
L'inquiétude a gagné ces trois pays après une série d'incidents récents qui ont affecté les réacteurs Doel 3 et Tihange 2, relancés fin décembre 2015 après un arrêt de près de deux ans lié à des craintes quant à leur sûreté en raison de fissures dans les parois de leur cuve. (Emmanuel Hagry)