Strasbourg, 10/03/2016 (Agence Europe) - Dans une résolution commune aux groupes PPE, S&D, CRE, ADLE, GUE/NGL, Verts/ALE et ELDD, adoptée jeudi 10 mars à Strasbourg, le Parlement européen dénonce le climat délétère au Kazakhstan en ce qui concerne la liberté des médias et la liberté d'expression.
Le PE s'inquiète « vivement » des pressions exercées sur les médias indépendants et de l'impact du nouveau projet de loi kazakhe sur le financement des organisations de la société civile. Déplorant le blocage systématique de sites de nouvelles et de médias sociaux et s'inquiétant des amendements à la loi kazakhe de 2014 sur les communications, le PE rappelle que la liberté d'expression des médias indépendants, blogueurs et citoyens est un « principe universel non négociable ».
Les députés demandent aussi au Kazakhstan un « engagement actif et concret » pour mener des réformes politiques et démocratiques en ligne avec l'accord renforcé de partenariat et de coopération qu'il a récemment signé avec l'UE. S'il salue la libération, depuis le dernier dialogue sur les droits de l'homme, de plusieurs militants emprisonnés, le PE souligne que la lutte légitime contre le terrorisme et l'extrémisme ne doit pas servir de prétexte au gouvernement kazakh pour interdire des activités de l'opposition, entraver la liberté d'expression et porter atteinte à l'indépendance du pouvoir judiciaire. Dans ce contexte, il appelle à la libération du chef de l'opposition, Vladimir Kozlov, avant un examen impartial de son dossier.
Le PE demande aussi au Kazakhstan de mettre en oeuvre le mécanisme national de prévention de la torture et de réviser des articles du code pénal pouvant être utilisés pour ériger en infraction des comportements licites protégés par le droit, et notamment l'article 174 sur l'incitation à la discorde sociale, nationale, clanique, raciale, religieuse ou entre les classes.
Enfin, il fait part de sa profonde inquiétude concernant la loi kazakhe sur les ONG, demandant à Astana de garantir en toutes circonstances que les militants des droits de l'homme et les ONG dans le pays soient en mesure de mener leurs activités légitimes sans craindre des représailles. (Emmanuel Hagry)