Strasbourg, 10/03/2016 (Agence Europe) - En visite de deux jours à Washington pour une série de réunions avec les autorités américaines, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a déclaré espérer, mercredi 9 mars, que l'élection présidentielle américaine, en novembre, ne va « pas stopper » les pourparlers pour un accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis (TTIP), lancés en juillet 2013 et qui sont entrés dans une phase plus politique depuis l'automne 2015.
« On ne peut pas arrêter notre activité simplement parce qu'il y a une élection », a déclaré Mme Malmström, ajoutant qu'elle ferait « tout son possible » pour arracher un accord avant la fin du mandat du président Barack Obama, en janvier 2017, selon des propos rapportés par l'agence de presse AFP.
Plusieurs candidats aux primaires des élections présidentielles américaines, dont la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, ont émis de vives critiques à l'encontre des accords de libre-échange, laissant planer le doute quant au sort des travaux entrepris par l'administration Obama, le Partenariat transpacifique, conclu fin 2015 avec 11 pays de la zone Asie-Pacifique, et les négociations TTIP.
Dans ce contexte, Mme Malmström a jugé nécessaire de « trouver des accords sur le maximum de points » avec l'administration Obama sur le TTIP, en refusant toutefois un accord a minima.
« Nous ne voulons pas d'un TTIP 'light' parce qu'il serait très difficile de le faire accepter au Parlement européen et par les États membres de l'UE », a assuré Mme Malmström, ajoutant que la Turquie, pays non membre de l'UE, avait fait part de son intérêt pour rejoindre le TTIP.
Les négociations TTIP ont enregistré, lors du 12ème round de pourparlers au plan technique, dans la semaine du 22 au 26 février à Bruxelles, de nouveaux progrès dans la consolidation des textes dans deux des trois piliers de la négociation - la coopération et la convergence réglementaire, d'une part, les règles, d'autre part. Sur le pilier 'accès au marché', les parties, qui discutent toujours sur la base d'offres révisées en matière de marchandises et initiales en matière de services, viennent d'échanger leurs offres en matière de marchés publics à la toute fin du mois de février (EUROPE 11500).
Lors de sa visite à Washington, Mme Malmström devait avoir, jeudi 10 mars, des réunions avec le commissaire de l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA), Robert Califf, le président du syndicat américain AFL-CIO, Richard Trumka, et plusieurs sénateurs, dont le président de la commission des finances, Orrin Hatch. Elle devait aussi intervenir devant le Peterson Institute.
Vendredi 11 mars, Mme Malmström devait rencontrer le représentant américain au Commerce, Michael Froman, et le vice-conseiller à la sécurité nationale pour les affaires économiques, Adewale Adeyemo, et intervenir devant la Chambre américaine de commerce. (Emmanuel Hagry)