Bruxelles, 04/03/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères français, allemand, ukrainien et russe se sont fixés des objectifs datés, jeudi 3 mars, lors d'une nouvelle réunion en format 'Normandie', à Paris, qui a duré plus de 4 heures.
« Nous souhaitons que les élections (dans le Dombass) aient lieu avant la fin du premier semestre 2016 », a expliqué le ministre français, Jean-Marc Ayrault, lors d'un point presse à l'issue de la rencontre. Selon le Français, les ministres du format 'Normandie' ont aussi souligné l'importance de l'élaboration et l'adoption de la loi électorale par le gouvernement et le Parlement ukrainiens afin de permettre ces élections. Ils ont également demandé à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de « fournir, d'ici le 31 mars, des options concrètes, pratiques pour la sécurisation adéquate des élections », a ajouté M. Ayrault. « Nous avons considéré qu'il ne pouvait pas y avoir d'élections si la sécurité n'était pas assurée », a justifié le chef de la diplomatie française.
Les ministres sont aussi revenus sur la consolidation du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, appelant, entre autres, les parties à réaffirmer leur engagement à s'abstenir de l'utilisation d'armes dans la zone de sécurité. Les chefs de la diplomatie ont convenu de la création, « d'ici le 30 avril 2016 », d'un mécanisme de prévention et de règlement des incidents. Les ministres ont appelé à la mise en oeuvre « rapide et complète » de l'accord sur le déminage, obtenu la veille par le groupe de contact trilatéral. D'ici le 30 avril 2016, les prisonniers et les personnes détenues illégalement devront être libérés et échangés, a ajouté M. Ayrault.
Une réunion sans véritable progrès
Si le ministre français a jugé que la réunion avait permis de « franchir une étape » et d'avancer « sur des points concrets », ses homologues ont été plus pessimistes. « «Pour être franc, nous ne pouvons pas être satisfaits, que ce soit de la situation sur le terrain ou à l'issue de la réunion », a expliqué l'Allemand Frank-Walter Steinmeier aux médias, précisant avoir parfois l'impression que la Russie et l'Ukraine avaient oublié la gravité de la situation. « Nous avons besoin de décisions courageuses plutôt que de minuscules étapes pour mettre en oeuvre, avec succès, les accords de Minsk », a-t-il estimé. Pour lui, la réunion n'a pas permis « de progrès en ce qui concerne le processus politique » pour régler le conflit. Interrogé pour savoir si la rencontre avait permis des avancées, l'Ukrainien Pavlo Klimkin a répondu par la négative. « Non, je n'ai pas eu ce sentiment », a-t-il expliqué. Vendredi 4 mars, le Russe Sergueï Lavrov a accusé l'Ukraine d'être à l'origine de l'absence de consensus sur la tenue des élections. MM. Ayrault et Steinmeier « ont proposé d'appeler les parties à se mettre d'accord sur l'organisation d'élections locales vers juin-juillet (...) Nous étions prêts à soutenir cette proposition, mais la partie ukrainienne a demandé de ne pas insister sur ce point. Un consensus n'a finalement pas été trouvé sur ce sujet », a affirmé M. Lavrov. (Camille-Cerise Gessant)