Bruxelles, 23/02/2016 (Agence Europe) - À la veille de la visite à Montevideo du président français, François Hollande, jeudi 25 février, le président uruguayen, Tabaré Vazquez, a vanté, lundi 22 février, l'ampleur de l'offre du bloc Mercosur dans le cadre des négociations de libre-échange avec l'UE, assurant qu'elle couvrait 93% de sa production et pointant du doigt les réticences de l'UE en matière agricole.
« Les pays du Mercosur ont présenté la liste des produits et articles, (et) plus de 93% de ce que nous produisons, nous le mettons à disposition pour parvenir à un traité de libre-échange », a déclaré M. Vazquez, dont le pays exerce la présidence tournante du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela n'étant pas impliqué dans les pourparlers de libre-échange).
« Nous attendons que l'UE décide », a ajouté M. Vazquez, dans des propos relayés par plusieurs médias. « Maintenant, c'est l'UE qui a des problèmes (avec cette négociation), surtout en raison de certains aspects liés au protectionnisme agricole. Il peut y avoir la France (parmi les pays réticents) mais aussi d'autres pays car ce sont des producteurs de produits agroalimentaires et ils voient (le futur accord) comme de la concurrence », a-t-il ajouté.
Invitée à commenter les propos et chiffres mentionnés par le président Vazquez, la Commission a seulement assuré que « l'UE [restait] engagée en faveur d'un accord ambitieux et équilibré et à faire avancer les négociations à travers un échange des offres » et « [oeuvrait] en interne à cette fin ».
L'UE et le Mercosur ont réaffirmé, lors d'une réunion entre la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et les ministres du Commerce des pays du Mercosur, en marge du sommet UE/Amérique latine, le 11 juin 2015, leur engagement à conclure leurs pourparlers de libre-échange lancés en 1999 et relancés en 2010 après un gel de six ans. Ils étaient aussi convenus de procéder à un échange des offres sur l'accès au marché (produits agricoles et industriels, mais aussi services et marchés publics) avant la fin de 2015.
Le processus pour un tel échange d'offres suit son cours depuis une réunion au plan technique, début octobre 2015 à Asunción, puis une réunion au plan politique entre la commissaire Malmström et le ministre paraguayen des Affaires étrangères, Eladio Loizaga, le 19 novembre (EUROPE 11434).
Les ministres européens des pays membres de l'UE ont ensuite fait le point avec Mme Malmström, le 27 novembre, et donné des orientations à la Commission pour la marche à suivre en vue d'un échange des offres sur l'accès au marché (EUROPE 11440). Leurs discussions avaient montré que l'élection du nouveau président argentin, Mauricio Macri, a clairement ravivé l'espoir de conclure un accord, malgré les réserves affichées par certains États membres, en particulier sur le chapitre agricole.
Mme Malmström avait indiqué aux ministres qu'il y avait deux options sur la table: soit échanger maintenant les offres avec le Mercosur, sur la base de l'offre proposée par la partie sud-américaine qui couvre 87% de ses lignes tarifaires contre 91,5% des lignes tarifaires pour l'UE, soit mettre la pression sur le Mercosur pour qu'il améliore son offre et la porte à 89% de ses lignes tarifaires, au risque qu'il se désengage et que cela conduise à une nouvelle impasse. (Emmanuel Hagry)