Bruxelles, 23/02/2016 (Agence Europe) - Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a appelé, mardi 23 février, les Européens à aider plus concrètement son pays qui accueille 2 millions de réfugiés syriens et palestiniens pour une population de 4 millions d'habitants.
« Nous appelons de nos voeux, notamment, la construction de centrales électriques, d'hôpitaux, d'écoles… de façon à pouvoir porter assistance à nos frères syriens », a-t-il expliqué, en arabe, devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Nous avions et continuons d'avoir l'espoir de créer différents services au Liban, tels qu'une centrale électrique, pour véritablement améliorer la situation, mais les ressources s'amenuisent et le budget est asséché de par la présence massive des refugiés », a-t-il justifié, précisant aussi que l'aide de l'UNRWA pour les 500 000 réfugiés palestiniens au Liban s'amenuisait. M. Berri a expliqué, par exemple, que plus de 250 000 bébés syriens étaient nés au Liban depuis le début de la guerre ou qu'il avait fallu embaucher des professeurs pour que les 360 000 enfants syriens réfugiés au Liban puissent continuer à aller à l'école. « Les Libanais doivent avoir droit au chapitre pour les aides offertes », a-t-il ajouté. L'Union européenne a déjà apporté au Liban plus de 552 millions d'euros en lien avec la crise syrienne, selon des chiffres de la Commission européenne de février 2016.
« Si ce que vous nous demandez est l'implantation des Syriens chez nous, la réponse est non. En toute franchise non, l'implantation des étrangers est impossible », a également prévenu M. Berri, soulignant que, s'il y avait la primauté d'une faction sur l'autre ou d'une confession sur une autre, « ce serait la fin du Liban ». Selon lui, « le Liban n'est pas un point de départ maritime, terrestre ou aérien pour exporter les refugiés » vers l'Europe et le pays a une « pleine volonté de coopération avec l'UE pour résoudre ce problème ».
M Berri souhaiterait aussi que les Européens aident son pays à tracer sa frontière maritime pour que le Liban puisse bénéficier de ses ressources en hydrocarbures en mer. Le Liban est en conflit avec Israël au sujet de sa zone économique exclusive.
M. Berri a aussi appelé les députés à faire pression sur leur gouvernement pour que les tensions s'apaisent au Proche-Orient et pour se concentrer sur la lutte contre le terrorisme, sans exacerber les sensibilités. « Il faut créer une cellule d'action, d'intervention internationale sous supervision des Nations unies pour lutter contre le terrorisme », a-t-il souhaité, énumérant la longue liste des pays qui font face au terrorisme, tels que la Syrie, l'Irak, le Yémen, la Libye, l'Égypte au Sinaï, le Mali, la Somalie, le Nigéria… sans parler de la menace au niveau international. « Sans exagération, il n'y a pas une semaine qui ne se passe sans que l'on ne découvre une cellule de Daech », au Liban, a-t-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)