Bruxelles, 12/02/2016 (Agence Europe) - Poul Thomsen, chef du département 'Europe' du FMI, a déclaré, vendredi 12 février, qu'il attendait « encore de voir un plan crédible qui permettrait à la Grèce d'atteindre ses objectifs très ambitieux d'excédent budgétaire primaire (…) ». « Un plan qui serait bâti sur des hypothèses trop optimistes ferait très vite ressurgir une nouvelle fois des craintes d'un Grexit et s'obscurcir le climat des affaires », a-t-il ajouté, dans un blog publié par le FMI.
Il a également estimé qu'il y avait un peu de marge, mais limitée, pour adopter des mesures protégeant les retraités en coupant ailleurs dans les dépenses publiques ou en augmentant les taxes. « Pour atteindre l'objectif ambitieux à moyen terme (2018, NDLR) d'un excédent primaire de 3,5% du PIB, la Grèce devra prendre des mesures de l'ordre de 4 ou 5% du PIB. Nous ne voyons pas comment la Grèce pourra le faire sans des économies majeures dans les pensions », a-t-il conclu.
Interrogée sur ces propos, la porte-parole de la Commission européenne, Annika Breidthardt, a déclaré, vendredi 12 février, que les institutions européennes travaillaient toujours sur un paquet de mesures pour atteindre les objectifs budgétaires du programme. Les autorités grecques « doivent toujours adopter un paquet significatif de mesures pour atteindre les objectifs convenus. L'avis des institutions européennes est que l'ampleur de ce qui est nécessaire est en ligne avec ce qui a été convenu dans le protocole d'accord en août dernier », a expliqué Mme Breidthardt, refusant de commenter davantage.
La veille, à l'issue de l'Eurogroupe, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, avait déclaré que davantage de discussions seraient nécessaires, notamment sur la manière de combler le trou budgétaire. Les institutions ont interrompu leur mission de suivi à Athènes et attendent davantage d'informations des Grecs avant d'y revenir. Le commissaire espère que cette mission sera conclue avant la Pâques que célèbrent la plupart des personnes vivant à Bruxelles, c'est-à-dire fin mars. Il a également estimé que repousser les réformes douloureuses ne rendrait pas celles-ci plus faciles.
Le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, a par ailleurs indiqué que deux éléments récents positifs avaient amélioré la situation en liquidités du gouvernement grec, procuré de meilleurs revenus et transféré un montant substantiel de profits au budget grec. Donc la situation « est un peu plus facile dans le futur immédiat », a-t-il ajouté. Lors du dernier Eurogroupe, il s'était inquiété de cette situation en liquidités qui allait devenir, selon lui, difficile en février.
À noter que, dans son blog, Poul Thomsen a également indiqué qu'aucun bénéfice tiré de la réforme des pensions ne rendrait la dette grecque viable sans allégement de cette dette. Cette dernière question sera abordée par les ministres des Finances de l'eurozone une fois cette première mission de suivi terminée. (Elodie Lamer)