Bruxelles, 12/02/2016 (Agence Europe) - Les ministres de l'Économie et des Finances de l'UE ont validé, vendredi 12 février, le rapport d'évaluation Schengen de la Grèce, adopté le 3 février par la Commission, ainsi qu'une série de 50 recommandations liées à ce rapport à mettre en oeuvre en Grèce sur une période de trois mois.
La Grèce a voté contre ce projet de décision en ce qui concerne les recommandations à suivre ; pour leur part, la Bulgarie et Chypre se sont abstenues. Ce rejet grec ne signifie pas que le pays n'appliquera pas ces recommandations, a assuré une source diplomatique, jeudi 11 février, mais le pays n'accepte pas que le rapport évoque des « défaillances sérieuses » à ses frontières et fait valoir que la mission d'inspection sur place s'est déroulée déjà en novembre 2015 (EUROPE 11488), plus précisément à Chios et Samos et sur les sites d'Orestiada, de Fylakio, de Kastanies et Nea Vyssa du 10 au 13 novembre 2015.
Les choses ont changé depuis, assure Athènes. Dans un rapport de progrès publié le 10 février (EUROPE 11487), la Commission a elle-même constaté des progrès dans la prise des empreintes digitales des migrants arrivant en Grèce, ce taux étant passé de 8% en septembre 2015 à 78% en janvier 2016.
La Commission et les ministres ont toutefois enjoint à la Grèce de mettre en oeuvre 50 recommandations pour améliorer la gestion de ses frontières, le risque ultime étant de devoir activer l'article 26 du Code Schengen qui permettrait dans trois mois aux États membres de Schengen de rétablir des contrôles à leurs frontières intérieures de manière coordonnée, s'ils devaient juger que la situation ne s'est pas améliorée.
La décision adoptée sur la série de recommandations visant à remédier « aux déficiences sérieuses » constatées lors de la visite d'évaluation reconnaît au préalable la situation géographique particulière de la Grèce qui l'a « particulièrement affectée ». Ces flux migratoires ( plus d'1 million de personnes sont arrivées dans l'UE en 2015) aurait pour effet de mettre une pression sévère sur les frontières extérieures de n'importe quel État membre, indique la décision qui a ainsi intégré un argument que la Grèce avait fait valoir le 10 février, lors d'une réunion des ambassadeurs permanents et qu'elle avait inscrit dans une déclaration écrite.
La décision adoptée prend aussi en compte les mesures qu'Athènes a mises en oeuvre depuis cette visite pour gérer la crise. Mais la Grèce doit encore faire des progrès notamment sur les procédures d'enregistrement ( par exemple sur la qualité des empreintes digitales recueillies), la surveillance en mer ( en assurant des patrouilles plus fréquemment), les procédures de contrôles aux frontières, l'analyse de risque, les ressources humaines et la formation, les infrastructures ainsi que la coopération internationale (notamment en coopérant au niveau local avec les autorités turques), indique le texte adopté. Ce dernier souligne aussi que, compte tenu de la situation, le fonctionnement global de Schengen est en sérieux péril. (Solenn Paulic)