Bruxelles, 11/02/2016 (Agence Europe) - La réunion des 'sherpas', les conseillers diplomatiques des Vingt-huit, consacrée au projet d'accord avec le Royaume-Uni, s'est achevée jeudi 11 février sans solutions définitives aux points les plus controversés de la négociation: l'intégration de la zone euro ou encore le mécanisme de sauvegarde pour les travailleurs migrants européens.
« Toutes les délégations ont fait valoir leur point de vue, mais aucun point n'a été discuté en particulier », a expliqué une source européenne, ces points étant laissés in fine à l'appréciation des chefs d'État et de gouvernement des Vingt-huit, qui se réuniront jeudi et vendredi prochains à Bruxelles. Selon une autre source européenne, la réunion a été « constructive », des « bons progrès ayant été faits sur les clarifications techniques et légales ». Mais les « points les plus politiques » restent en effet « en suspens », a dit cette source, et devront être tranchés la semaine prochaine par les leaders européens.
Cette nouvelle réunion des 'sherpas' (ils s'étaient déjà rencontrés le 5 février à Bruxelles) intervient alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a jugé « fragile », jeudi 11 février, le processus de recherche d'une solution satisfaisante pour les deux parties. Le président du Conseil européen entamait d'ailleurs, ce jeudi, une série de déplacements afin de tenter de sceller un accord lors du Sommet européen, objectif que se sont donné les leaders européens en décembre dernier lors de leur précédente rencontre.
M. Tusk doit notamment se rendre lundi et mardi à Paris, Bucarest, Athènes, Prague et Berlin, et doit rencontrer, vendredi 12 février, le Premier ministre belge, Charles Michel. Le président du Conseil européen doit aussi rencontrer le Premier ministre roumain, Dacian Ciolos, et le chef du gouvernement tchèque, Bohuslav Sobotka, qui préside actuellement le groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie). Ces quatre pays d'Europe centrale sont notamment inquiets des demandes de David Cameron visant à limiter les prestations sociales liées au travail pour les travailleurs européens employés en Grande-Bretagne. Ils cherchent des assurances sur la durée de ce mécanisme de sauvegarde qui pourrait avoir comme effet de priver les travailleurs européens de prestations sociales associées au travail pendant 4 ans. Le groupe prépare une déclaration, a indiqué Reuters, dans laquelle ils souhaitent notamment s'assurer que ce mécanisme ne pourra pas excéder 4 ans
Jeudi 11 février, M. Tusk s'est par ailleurs entretenu avec le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avec les représentants de la Banque centrale européenne ainsi qu'avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.
En ce qui concerne la zone euro, la France a fait valoir plusieurs inquiétudes ces derniers jours, souhaitant s'assurer que le Royaume-Uni ne pourra pas entraver le développement de la zone euro. Paris souhaite notamment que soit mise une limite précise, de temps notamment, à la capacité donnée à Londres de retarder tel ou tel projet pour en évaluer l'impact sur son économie ou sur un secteur précis de son économie, a expliqué Reuters. La France n'est toutefois pas la seule à faire valoir ces points, a expliqué une source, l'Allemagne étant sur la même longueur d'ondes et « toute la zone euro de manière générale ». (Solenn Paulic)