Bruxelles, 11/02/2016 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, est montée au créneau, jeudi 11 février, en dénonçant l'austérité économique excessive que l'Europe a prônée après la crise financière de 2008 et qui a pénalisé la reprise économique dans les pays du sud de l'Europe.
Aujourd'hui, le problème de l'économie européenne n'est pas la question de savoir s'il faut faire un saut institutionnel avec la création d'un super-ministre européen des Finances, mais « la direction » à insuffler en matière de politique économique, a déclaré M. Renzi dans une tribune au quotidien La Repubblica. Selon lui, « ces dernières années, l'Europe a fait fausse route »: en misant sur « l'austérité, la monnaie, la rigueur », sa santé économique est en effet « pire qu'il y a huit ans ». « Si une cure ne fonctionne pas, après huit ans on peut parler d'acharnement thérapeutique », a estimé le Premier ministre italien.
L'Italie, dont le déficit public atteindra 2,5% du PIB national cette année, soit le plus faible niveau depuis onze ans d'après M. Renzi, négocie âprement avec l'échelon européen la possibilité d'avoir recours à plusieurs clauses de flexibilité prévues dans le Pacte de stabilité et de croissance, afin notamment de faire plus facilement face aux dépenses liées aux réformes, à l'investissement et à l'accueil des réfugiés sur son territoire.
Des décisions sur ce point seront prises en mai sur la base de données actualisées, avait indiqué, début février, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, lors de la présentation des prévisions économiques d'hiver de la Commission. Selon ces prévisions, la croissance sera de +1,4% du PIB et le déficit de -2,5% du PIB en 2016 en Italie (EUROPE 11483). (Mathieu Bion)