Bruxelles, 11/02/2016 (Agence Europe) - Dans un discours d'une vingtaine de minutes tenu devant les membres du Comité des régions (CdR), mercredi 10 février au Parlement européen, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a insisté sur l'importance du rôle des régions dans les politiques européennes et la gestion des crises et a affirmé qu'il était nécessaire de renforcer le dialogue territorial, notamment en vue du Conseil européen de mars.
« J'ai toujours cru que la présence de régions fortes montrait que le pays était fort. Plus un pays se résume à sa capitale, en particulier pour ce qui est de sa vie culturelle et politique, moins il est sain (…) Tout ce qui a été mauvais dans l'histoire européenne a été le résultat de la volonté de centraliser », a ainsi déclaré de façon liminaire le président du Conseil européen dans un discours consacré au régionalisme, au rôle des régions dans la crise migratoire et à la préservation de Schengen ainsi qu'au 'Brexit'.
Régionalisme. Citant Denis de Rougemont, écrivain philosophe à l'origine du concept de « l'Europe des régions », M. Tusk considère que les régions représentent la meilleure voie pour assurer la paix en Europe, et la meilleure garantie pour assurer la sécurité et l'ordre. Toutefois, il considère les mouvements séparatistes comme un danger à l'unité européenne, faisant ici référence aux mouvements séparatistes catalans (EUROPE 11398), écossais (EUROPE 11158) ou, dans une moindre mesure, flamand. Pour lui, au contraire, « le vrai régionalisme constitue l'antidote au nationalisme et au séparatisme ».
Crise migratoire. Sur la question de la crise migratoire, M. Tusk a reconnu le rôle primordial des régions et des communautés locales, en première ligne dans la gestion des flux. À ses yeux, les autorités locales et régionales peuvent apporter parfois une réponse plus efficace aux demandeurs d'asile que les gouvernements centraux et les organisations internationales, s'ils reçoivent le soutien adéquat des États membres. Sur ce point, M. Tusk a été interpellé par Enrico Rossi, le président de la région italienne de Toscane, pour que le Conseil demande à la Commission européenne de mener une étude sur le coût de la disparition de Schengen.
Brexit. Le 'Brexit' a occupé une large part de l'intervention du président du Conseil européen. Lors de la conférence de presse, M. Tusk a annoncé l'annulation de ses obligations pour les deux semaines à venir en vue de s'atteler à cette seule question et promouvoir sa proposition (EUROPE 11484) en amont du Conseil européen du 18 février. Il rencontrera ainsi le Premier ministre belge et les eurodéputés cette semaine, puis le président français, la chancelière allemande, le Premier ministre grec, le président de la Roumanie et le Premier ministre tchèque, qui est aussi à la tête du groupe de Visegrad. S'inquiétant de « l'état d'esprit britannique », le président du Conseil européen a expliqué que l'un des dangers du référendum sur le 'Brexit' est qu'il puisse être repris par d'autres États membres tentés de marquer leur indépendance vis-à-vis de l'Union.
Dialogue territorial. Selon M. Tusk, « les civilisations meurent en se suicidant et non en étant assassinées ». Une bonne nouvelle, selon lui, puisque cela signifie que nous « avons les cartes en main ». Or le pessimisme qui règne au Conseil empêche de trouver une solution aux crises actuelles, selon lui. « Les États membres doivent arrêter de se soustraire à leurs responsabilités ». En cela, il considère qu'il est primordial de renforcer dans le cadre du Conseil européen le dialogue territorial avec les autorités locales et régionales, qu'il avait conclu avec Markku Markkula, président du CdR, en novembre dernier. Une excellente nouvelle pour le président du CdR qui promeut le concept d'une « meilleure Europe » qui renforcerait le principe de subsidiarité, notamment dans l'élaboration des conclusions du Conseil. M. Markkula a demandé qu'il y ait une référence claire à la subsidiarité dans les conclusions du prochain sommet relatif au « document sur les propositions de réformes sur la subsidiarité ». (Pascal Hansens)