Bruxelles, 10/02/2016 (Agence Europe) - Une étude externe, publiée mardi 9 février par la Commission européenne, tente d'estimer la « profitabilité » des différents segments thoniers de la flotte externe de l'UE ayant opéré dans le cadre des accords de pêche avec les pays tiers entre 2008 et 2013 dans l'Atlantique Est et Sud, le Sud-ouest de l'océan Indien et le Centre-ouest du Pacifique.
Cette étude explique qu'en raison d'un manque de certaines données (sur le nombre de jours de mer pour certains segments de flotte) et de la non-concordance entre les captures des navires observées pour les segments économiques et celles observées et disponibles pour les flottilles thonières actives au sein des accords de pêche, il n'a pas été possible de réaliser « une segmentation de la flotte » sur la base des données disponibles et qui prennent en compte des stratégies de pêche identifiées lors des analyses et évaluations détaillées des accords de pêche.
Cette étude recommande notamment: - une description des caractéristiques techniques des navires permettant une typologie plus précise des modes et de la capacité de production (description des engins suivant les typologies adoptées par les différentes organisations régionales de pêche, puissance des moteurs, volume des cales, capacité journalière de congélation/surgélation, utilisation des dispositifs concentrateurs de poissons ou DCP; - une amélioration de la quantité et de la qualité des données d'activités, de production et des données économiques soumises par les parties prenantes (armateurs et les administrations responsables des statistiques et autorités compétentes en matière de contrôle), en conformité avec les obligations en matière de déclaration des données et les règlements européens relatifs au contrôle et à la pêche illégale qui s'appliquent à la flotte externe de l'UE.
Les auteurs de cette étude (commandée et financée en partie par la Commission) soulignent l'utilité d'une méthode standardisée de collecte et d'analyse des données économiques (comme illustré par l'évaluation récente de l'accord de pêche avec le Gabon), qui, à l'avenir, va permettre de collecter et d'analyser les données économiques nécessaires pour chaque accord de pêche. Cela permettrait d'avoir des informations essentielles en vue des négociations des accords de pêche avec les pays tiers.
L'étude fournit une série d'informations: - dans l'ensemble, les stocks de thons tropicaux dans les trois régions de l'étude sont à des niveaux d'abondance supérieurs à la biomasse assurant une productivité au rendement maximum durable (RMD), à l'exception du stock de thon obèse dans la région du Pacifique occidental et central (WCPFC) et des stocks de germon et de thon obèse dans la région Atlantique (CICTA) ;
- l'impact des DCP, dont l'utilisation a contribué à une diminution marquée de la taille moyenne des individus capturés pour les principaux stocks de thons tropicaux, est actuellement une question importante au sein des organisations régionales de pêche impliquées ; - les navires des États membres de l'UE actifs au sein des accords de pêche ont diminué, entre 2008 et 2013, pour les trois types de flottilles (palangriers, canneurs et senneurs). En 2013, 145 thoniers étaient actifs (dont 41 palangriers, 8 canneurs et 96 senneurs). En 2008, le total était de 209 ; - entre 2008 et 2013 en moyenne, plus de 100 000 tonnes annuelles de thons et autres grandes espèces pélagiques ont été pêchées à travers les accords de pêche. Pour chaque type de navire, les flottilles espagnoles, dont les navires sont généralement plus nombreux et de plus grandes tailles, produisent plus que les flottilles françaises ou portugaises ; - pour la période étudiée (2008-2013), les palangriers pêchent en moyenne 20% de leur production dans le cadre des accords de pêche dans l'Atlantique, et près de deux fois plus dans l'océan Indien. Les canneurs européens, qui ne sont présents que dans l'Atlantique, capturent en moyenne 50% de leur production annuelle par le biais des accords. Les senneurs capturent près de 25% dans le cadre des accords de l'Atlantique et de l'océan Indien, et plus de 40% dans le Pacifique (ces moyennes cachent d'importantes variations annuelles, surtout dans l'Atlantique. (Lionel Changeur)