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Bulletin Quotidien Europe N° 11487
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

L'Union européenne s'organise pour repousser le virus Zika

Bruxelles, 10/02/2016 (Agence Europe) - Le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) recommande aux États membres de renforcer leur système de surveillance contre le virus Zika. Lors d'une réunion du Comité de sécurité sanitaire, mardi 9 février, l'agence de l'UE a indiqué prendre au sérieux le lien entre ce virus et certaines maladies humaines.

La réunion du Comité de sécurité sanitaire visait à faire le point sur la situation et à évaluer les risques liés au virus, après que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a qualifié d'« urgence de santé publique de portée mondiale ».

État de la situation. À l'heure actuelle, 31 pays ou territoires du monde ont rapporté des infections autochtones de virus Zika au cours des deux derniers mois, dont deux par voie sexuelle. Aucune infection autochtone n'a toutefois été répertoriée en Europe, même si le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suède et le Royaume-Uni font état de cas importés. Lors de sa présentation, l'ECDC a indiqué que, dans 80% des cas, une personne infectée par le virus Zika ne présentait pas de symptôme. Pourtant, il note que, même s'il n'existe actuellement aucune preuve scientifique, il existe de fortes probabilités que le virus Zika puisse entraîner des malformations du cerveau ou le syndrome de Guillain-Baré. Le Brésil a, par exemple, recensé 4 783 notifications de microcéphalies ou d'anomalies du système nerveux central (SNC).

Le Centre note également qu'il y a des preuves que le virus Zika peut être transmis sexuellement via le sperme et disparaîtrait plusieurs semaines seulement après qu'un homme a été soigné. Il conclut que le « risque de transmission du virus Zika est très faible dans l'UE » durant la saison hivernale dans la mesure où les conditions climatiques ne sont pas adaptées aux moustiques qui transportent le virus. Mais il ajoute, par rapport à son précédent rapport, que l'Institut international de recherche sur le climat et la société prévoit, pour le mois de février à mars, des températures supérieures à la normale en Europe coïncidant avec un schéma normal de précipitation, « ce qui pourrait donner lieu à un début précoce de la saison des moustiques ».

Recommandations de l'ECDC. À la lumière de ces observations, l'ECDC recommande aux États membres de renforcer leurs systèmes de détection, de revoir leurs plans d'urgences pour les maladies causées par des moustiques, de renforcer la collaboration intersectorielle et promouvoir l'implication de tous les acteurs ainsi que de renforcer la surveillance des moustiques, y compris des espèces invasives.

De son côté, l'ECDC a établi une liste de pays avec une transmission sporadique (Thaïlande, Jamaïque, etc.) et avec une transmission répandue ou en augmentation (Brésil, Paraguay, etc.). Il recommande d'informer les voyageurs sur l'existence du virus et invite ces derniers à prendre des mesures préventives (produits contre les moustiques, porter des habits couvrants et se protéger durant la nuit). Il invite les femmes enceintes, les personnes ayant des maladies immunitaires ou des maladies chroniques sévères à discuter de leur plan de voyage avec leur médecin et à envisager de retarder leur voyage. Il recommande par ailleurs de suivre l'exemple du Royaume-Uni et de suggérer aux hommes revenant de régions infectées de porter un préservatif lors de rapport avec une femme enceinte pendant 28 jours en l'absence de symptôme ou pendant 6 mois dans le cas contraire.

Une nouvelle réunion du Comité sur la sécurité sanitaire est prévue le 24 février prochain.

L'Organisation mondiale de la santé et l'Agence Européenne des médicaments. À l'heure actuelle, il n'existe aucun vaccin ou médicament approuvé ou en cours d'études cliniques pour se protéger ou traiter l'infection par le virus Zika.

L'OMS a indiqué le 8 février oeuvrer à un inventaire des travaux de recherche & développement (R&D) en cours sur le virus Zika « pour identifier les approches et les produits médicaux à considérer comme prioritaires pour un développement accéléré ». Un appel a été lancé le 5 février à l'intention des entreprises et d'autres groupes intéressés pour les inviter à proposer des produits potentiels à soumettre à la procédure d'évaluation et d'homologation d'urgence de l'OMS.

De son côté, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a mis en place un groupe de travail d'experts européens spécialisés dans les vaccins, les maladies infectieuses et d'autres compétences pertinentes en vue de participer à une réponse mondiale contre le virus. (Sophie Petitjean)

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