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Bulletin Quotidien Europe N° 11487
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

La crise de l'élevage sera un point mineur du Conseil du 15/02

Bruxelles, 10/02/2016 (Agence Europe) - Pour le Conseil Agriculture de lundi 15 février à Bruxelles, la France devra se contenter d'un déjeuner de travail, plutôt que d'un véritable débat, sur la crise de l'élevage.

Soutenue par certains pays, dont l'Espagne, l'Italie et le Portugal, la France aurait souhaité que le sujet de la régulation des marchés face aux difficultés dans certains secteurs fasse l'objet d'un débat formel au Conseil Agriculture de lundi prochain. Mais, à ce stade, la Présidence néerlandaise du Conseil de l'UE ne souhaite pas céder à la panique: le sujet sera discuté lundi uniquement lors d'un déjeuner de travail des ministres européens de l'Agriculture. Les Pays-Bas ont indiqué que le Conseil Agriculture allait faire le point, en mars, sur la situation des marchés agricoles.

Toutefois, le Conseil de lundi n'échappera pas à une discussion passionnée sur la crise de l'élevage, par le biais de points divers: la Pologne souhaite évoquer les difficultés dans les secteurs lait et viande porcine, et l'Espagne compter parler des difficultés rencontrées par ses producteurs de fruits et légumes (surtout dans le secteur de la tomate) et de lait.

Les Pays-Bas ont prévu notamment, pour le Conseil de lundi, un échange de vues formel sur le bien-être animal, ce qui a fait grincer certaines dents. Plusieurs États membres ne comprennent pas pourquoi le bien-être animal semble prendre une place plus importante que la crise du secteur de l'élevage.

La France, dans son « mémorandum » (EUROPE 11486), préconise une meilleure régulation des marchés avec, entre autres, pour le lait, un « relèvement temporaire » du prix d'intervention ainsi qu'un « mécanisme d'aides européennes octroyées aux producteurs ayant volontairement réduit leur volume de production en période de baisse des prix » et, pour le porc, une « mesure de réduction du nombre de truies mises en production pour l'ajuster aux capacités d'engraissement des éleveurs », si l'aide au stockage privé n'est pas réintroduite.

La délégation française du PPE monte au créneau

Les eurodéputés de la délégation française du PPE au Parlement européen ont adressé mercredi 10 février une lettre au président François Hollande concernant la crise agricole. Notamment Alain Lamassoure, Michel Dantin et Angélique Delahaye, dénoncent l'attitude du gouvernement français qui, « au lieu d'engager des réformes de structure, se contente de saupoudrer de l'argent sur les exploitations et se défausse de ses responsabilités sur la Commission européenne, accusée d'agir trop peu et trop tard ». Les députés enjoignent au gouvernement français de prendre des mesures fortes pour sauver l'agriculture française: - véritable diminution des charges fiscales et sociales ; - réelle stratégie agricole française favorisant la modernisation et la structuration des filières ; - refonte de la fiscalité agricole ; - nouveaux outils de contrôle et assurantiel pour lutter contre volatilité des prix. Ils écrivent dans la lettre qu'il serait vain d'espérer le soutien de nos partenaires et de la Commission européenne, « alors que le siège français est souvent délaissé au Conseil Agriculture à Bruxelles depuis trois ans et que nos partenaires attendent depuis des années que la France engage des réformes structurelles ». (Lionel Changeur)

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