Bruxelles, 10/02/2016 (Agence Europe) - 93% des stocks de poissons en Méditerranée sont surexploités par les navires de l'UE et des pays tiers, et il est urgent d'agir, ont souligné, mardi 9 et mercredi 10 février, à Catane (Sicile), certains des participants à un séminaire sur l'état des stocks dans cette zone.
Mais les décideurs et professionnels sont divisés sur les mesures à prendre, même si force est de constater que le règlement de 2008 sur la pêche en Méditerranée n'a pas permis de redresser la situation alarmante de la ressource.
Le commissaire européen à la Pêche, Karmenu Vella, a souligné lors de cet événement le besoin d'agir. Il a énuméré les outils à disposition grâce à la réforme de la politique commune de la pêche (PCP), dont la régionalisation des décisions en matière de pêche, une amélioration du cadre sur la collecte des données, des nouvelles technologies (drones) en matière de contrôle, l'interdiction des rejets en mer de poissons, et un plan de gestion pluriannuel pou la Méditerranée occidentale (la Commission prépare une proposition sur ce plan de gestion). Le commissaire a rappelé que la pêche n'était pas la seule responsable de la détérioration des ressources halieutiques en Méditerranée: il y a aussi la pollution et le changement climatique.
Agir avec les pays tiers. Le problème n'est pas spécifique aux pays de la rive nord, « certains des stocks sont partagés avec les pays voisins », a rappelé M. Vella. Il prévoit de « discuter (avec eux) de la gestion de ces stocks » et de « travailler pour obtenir leur adhésion politique » à un programme commun de conservation. La politique de pêche européenne (PCP) « donne aux États membres la possibilité d'agir ensemble, en groupes régionaux, de gérer leurs ressources partagées ».
M. Vella « espère réunir en avril à Bruxelles les ministres de tous les pays méditerranéens lors de l'exposition internationale 'Seafood' ». En outre, a-t-il annoncé, « je me rendrai dans plusieurs pays de partenariats clés pour obtenir leur engagement, chercher des solutions et évaluer les nombreuses possibilités que 'l'économie bleue' peut offrir ».
Les ONG ont de quoi être inquiètes
Le WWF préconise non pas des mesures d'urgence, mais des solutions à long terme, comme la cogestion (responsabilité en matière de gestion des activités de pêche partagée entre les gouvernements et les pêcheurs). Elle demande aussi une mobilisation au niveau des gouvernements des pays de la Méditerranée (pays UE et pays tiers) et des organisations régionales de pêche compétentes. Pour l'organisation Oceana, des mesures d'urgence sont nécessaires, dont l'interdiction de pêcher les stocks les plus mal en point, et des mesures à long terme, comme: - une baisse de la mortalité par pêche ; - la protection des zones de nurseries et des jeunes poissons (juvéniles) ; - une amélioration de la sélectivité des engins de pêche ; - des outils efficaces de contrôle et de surveillance des activités de pêche. (Lionel Changeur et Fathi B'Chir)