Bruxelles, 10/02/2016 (Agence Europe) - Le commissaire en charge de la Santé, Vytenis Andriukaitis, a livré un bilan plutôt positif du plan d'action européen pour combattre les menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens. Lors d'une conférence, mercredi 10 février à Amsterdam, il a toutefois encouragé les Vingt-huit à renforcer leur action sur la scène nationale et internationale.
La résistance antimicrobienne (RAM) désigne la capacité d'un micro-organisme de résister à un traitement antimicrobien auquel il était sensible auparavant. Il s'agit de l'une des priorités de la Présidence néerlandaise du Conseil de l'UE. Le pays défend en effet le concept « Une seule santé », qui s'appuie sur une action coordonnée dans les domaines de la santé, de l'environnement, de l'agriculture et de l'élevage. C'est pourquoi il a organisé une conférence en présence des ministres de la Santé et de l'Agriculture.
« Je sais que certains d'entre vous sont inquiets pour la subsidiarité. Je vous l'assure, je suis aussi critique que vous sur ce sujet. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas collaborer. La RAM est une menace transfrontière, que ça nous plaise ou non», a déclaré en introduction la ministre néerlandaise de la Santé, du Bien-être et du Sport, Edith Schippers, avant d'exhorter ses collègues à axer leurs efforts sur: (1) la prévention des infections et une utilisation prudente des antibiotiques, (2) le développement d'alternatives aux antibiotiques et (3) la création d'instruments de diagnostic novateurs, rapides et abordables.
Le commissaire Vytenis Andriukaitis a, quant à lui, axé son intervention sur le plan d'action européen pour combattre les menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens (COM(2011)748), qui arrivera à expiration à la fin de l'année 2016. Il s'est félicité des progrès enregistrés en matière de surveillance, de recherche et d'innovation, progrès qui se matérialisent par une baisse des ventes pour les antimicrobiens à des fins animales et une stabilité des ventes pour ceux à usage humains. Lors de son discours, le commissaire a annoncé son intention de lancer un « réseau 'une seule santé' » pour rassembler tous les experts (santé animale, santé humaine et environnement) nationaux. Il s'est également engagé à présenter des lignes directrices harmonisées sur un usage prudent des antimicrobiens dans les médicaments à usage humain, conformément à la recommandation du Conseil sur ce sujet. Il a en outre manifesté son souhait de lancer une action commune UE-États membres sur la RAM et les infections nosocomiales, cofinancée par le programme de santé de l'UE et par les États membres. (Sophie Petitjean)