Bruxelles, 27/01/2016 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission européenne en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, a affiché sa détermination, mardi 26 janvier, à lutter contre la pauvreté énergétique dans l'UE en intégrant cette dimension sociale dans toutes les politiques énergétiques.
« Les consommateurs européens sont aujourd'hui les plus protégés et ils vivent dans le continent le plus égalitaire au monde. Mais ce n'est pas assez. Si plus de 10% des ménages européens ne peuvent pas se permettre de chauffer leur maison correctement, nous devons faire plus. Si des ménages ont des problèmes pour chauffer leur maison ou leur appartement, si des retraités doivent dormir dans leur cuisine parce que c'est l'endroit le plus chaud, si des enfants en Europe ne peuvent pas étudier le soir parce que l'électricité a été coupée ou si des gens tombent malades ou meurent précocement parce qu'ils ne peuvent pas chauffer ou refroidir leur maison, c'est que nos efforts n'ont manifestement pas suffi. Et ces choses se produisent dans l'Europe d'aujourd'hui », a déploré M. Sefcovic, lors d'un événement organisé à Bruxelles par le groupe de réflexion European Policy Centre pour le lancement d'une task force sur la pauvreté énergétique.
Lors de sa tournée de dialogue sur le projet d'Union de l'énergie, M. Sefcovic dit avoir entendu parler de ce problème dans de nombreux États membres en raison des prix élevés de l'énergie, non seulement dans les pays les moins riches, mais aussi en Allemagne, où des avantages sociaux pour l'énergie octroyés n'ont pas empêché 350 000 foyers d'être temporairement déconnectés de l'électricité en 2015 faute de pouvoir payer leurs factures. « La pauvreté énergétique est une réalité en Europe, dont nous devons tenir compte lorsque nous élaborons nos politiques, aux niveaux national et de l'UE », a-t-il insisté.
En termes d'action, M. Sefcovic a promis que cette dimension sociale serait prise en compte dans les propositions de la Commission à venir sur la nouvelle conception du marché de l'électricité, la révision de la direction sur l'efficacité énergétique et de la directive sur la performance énergétique des bâtiments.
Soulignant que les directives de l'UE pour la libéralisation des marchés de l'énergie prévoient des dispositions sur les coupures d'approvisionnement et que, au plan national, 17 États membres ont déjà mis en place des mesures pour aider les ménages en difficulté, notamment pour éviter les coupures de courant, M. Sefcovic a néanmoins regretté l'absence de mesures similaires dans 11 autres pays membres.
« Je ne souhaite pas interdire les coupures pour autant. L'énergie a un prix (…). Mais peut-être pouvons-nous mettre en place plus de protection », a plaidé M. Sefcovic. Parmi les outils possibles pour réduire la précarité énergétique, le commissaire a évoqué le renforcement de la concurrence, qui permet selon lui de faire baisser les prix et de faciliter le changement de fournisseur d'énergie, ou encore le soutien au financement de travaux d'amélioration des performances énergétiques des bâtiments, « très souvent étroitement lié » à la précarité énergétique, selon lui. M. Sefcovic a aussi promis qu'une enveloppe de 18 milliards d'euros serait consacrée, d'ici 2020, à l'efficacité énergétique, dans le cadre des fonds structurels et d'investissement européens et du fonds européen pour les investissements stratégiques. (Emmanuel Hagry)