Bruxelles, 27/01/2016 (Agence Europe) - L'Union européenne pourrait décider prochainement d'imposer des sanctions à l'encontre de trois Libyens du fait qu'ils entravent le processus politique dans le pays qui vise à mettre sur pied un gouvernement d'entente nationale, a affirmé à EUROPE une source diplomatique, mercredi 27 janvier.
« Les Vingt-huit doivent s'accorder, probablement au MAMA (groupe de travail Mashreq/Maghreb du Conseil de l'UE, NDLR), lundi (1er février), sur plusieurs noms pour des sanctions autonomes » de l'UE, a dit cette source. Selon elle, il s'agirait de Nouri Abou Sahmein, président du parlement de Tripoli, qui n'est pas reconnu par la communauté internationale, Khalifa al-Ghweil, chef du gouvernement de Tripoli et Aguila Saleh, président de la chambre des représentants de Tobrouk, c'est-à-dire le parlement reconnu par la communauté internationale.
Le Parlement de Tobrouk a rejeté, lundi 25 janvier, la première mouture du gouvernement d'entente nationale, jugeant que les ministres, 32 au total, étaient trop nombreux. Plusieurs sources européennes ont confirmé que des discussions étaient engagées pour sanctionner les deux premiers responsables, mais n'ont pas mentionné le troisième
Selon une de ces deux sources, il pourrait y avoir un accord sur les représentants de Tripoli dès le 1er février, alors que la décision concernant le président de la chambre des représentants pourrait intervenir « un peu plus tard », bien qu'une décision le concernant dès lundi ne soit pas non plus à exclure.
Deux autres sources diplomatiques se sont cependant montrées prudentes, auprès d'EUROPE, au sujet de la possibilité d'obtenir un consensus des Vingt-huit dès le 1er février, rappelant que la première discussion au MAMA sur le sujet venait d'avoir lieu seulement le mardi 26 janvier. Elles ont précisé que cela dépendra également de l'évolution de la situation en Libye. Une autre source diplomatique a précisé que deux États membres seraient assez sceptiques concernant ces mesures restrictives, sans vouloir les citer.
Si les sanctions, qui consisteraient en un gel d'avoirs et une interdiction de visa dans l'UE, font l'objet d'un consensus au groupe de travail, elles devront ensuite être encore approuvées par les ambassadeurs nationaux auprès de l'UE (Coreper). L'objectif de ces sanctions est de soutenir le processus politique en cours et de mettre davantage de pression en faveur d'une issue favorable rapide. Selon une source, le blocage existant pour des sanctions au Conseil de sécurité des Nations unies pousserait aussi l'UE à agir par elle-même. L'Union a, à plusieurs reprises, menacé de sanctionner les personnes qui entravent le processus politique en Libye. (Camille-Cerise Gessant)