Bruxelles, 20/01/2016 (Agence Europe) - À la veille d'une conférence sur la Syrie, le 4 février à Londres, et avant d'arriver au Forum économique mondial de Davos, où il veut rallier les dirigeants européens à sa cause, le Premier ministre britannique, David Cameron, a plaidé, mercredi 20 janvier, pour que l'UE stimule ses échanges avec la Jordanie afin de soutenir Amman dans sa gestion de la crise des réfugiés syriens.
« L'UE a un rôle crucial à jouer en apportant un vrai soutien aux pays voisins de la Syrie. On pourrait s'accorder rapidement sur un changement de règles afin que la Jordanie puisse augmenter son volume d'exportations et créer de nouveaux emplois », a déclaré M. Cameron dans un communiqué diffusé avant son arrivée au Forum économique mondial de Davos. « Ce n'est pas seulement dans l'intérêt de la Syrie et de ses voisins. C'est aussi dans l'intérêt des pays européens. Plus on aide les gens à rester dans la région, moins ils seront susceptibles de venir en Europe », a insisté le Premier ministre britannique.
Une demande d'Amman visant un assouplissement des règles de l'UE pour faciliter l'éligibilité des producteurs jordaniens à un accès au marché de l'UE sans droits ni quotas est sous-jacente à cette proposition, explique le service de presse du gouvernement britannique, dans un communiqué. Il précise que les États-Unis ont déjà adopté une disposition similaire permettant le développement des exportations jordaniennes vers leur marché à hauteur d'un milliard de dollars.
Le Royaume-Uni a promu cette proposition lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, lundi 18 janvier, et la Commission s'est engagée à faire une proposition dans les semaines à venir, ajoute le service de presse du gouvernement britannique.
M. Cameron devait soulever cette question lors de réunions bilatérales avec les dirigeants européens cette semaine à Davos, en soutenant un accord rapide entre les États membres de l'UE afin d'ouvrir la voie à l'entrée en vigueur de nouvelles règles pour le commerce entre l'UE et la Jordanie cet été.
Les relations commerciales UE/Jordanie sont régies par l'accord d'association signé en novembre 1997 et entré en vigueur le 1er mai 2002. Cet accord a établi progressivement, sur douze ans, une zone de libre-échange entre les deux partenaires. En outre, un accord sur la libéralisation des échanges bilatéraux de produits agricoles est entré en vigueur en 2007.
Les échanges bilatéraux ont atteint 4 milliards € en 2014, dont 3,7 milliards € d'exportations pour l'UE. En 2013, l'UE était la deuxième source des importations de la Jordanie (17,6%) après l'Arabie saoudite (23,6%) et la cinquième destination pour ses exportations (4,5%). L'économie jordanienne est dominée par les services (65% du PIB) et l'industrie (30%). Ses deux principaux secteurs à l'exportation sont les produits pharmaceutiques et l'extraction du phosphate et de la potasse.
En réponse au Printemps arabe, l'UE a prévu, fin 2011, d'approfondir ses relations commerciales avec la Jordanie (ainsi que trois autres pays de Méditerranée orientale - Égypte, Maroc et Tunisie). Le travail préparatoire pour la négociation d'un accord de libre-échange envisagé dans ce contexte, et qui étendrait le champ de l'accord d'association UE/Jordanie pour inclure les services, les marchés publics, la protection des investissements, la concurrence et la propriété intellectuelle, reste en cours.
À Davos, cette semaine, M. Cameron et la reine Rania de Jordanie réuniront des dirigeants politiques et économiques, vendredi 22 janvier, pour discuter des mesures concrètes permettant de créer de nouvelles opportunités économiques en Jordanie, a précisé le service de presse du gouvernement britannique.
Outre stimuler les échanges économiques avec la Jordanie, M. Cameron propose d'imposer un minimum de travailleurs syriens dans certains secteurs, d'autoriser les Syriens à travailler dans les camps de réfugiés et de faciliter l'investissement grâce à des taux préférentiels accordés par les institutions financières internationales.
Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), la Jordanie accueille plus de 600 000 des 4 millions de Syriens ayant fui leur pays en guerre depuis 2011. Le gouvernement jordanien estime leur nombre à plus de 1,4 million. (Emmanuel Hagry)