Bruxelles, 20/01/2016 (Agence Europe) - La plupart des acteurs du secteur de l'aviation ont fait part de leurs attentes et préoccupations à la Commission européenne et aux États membres, alors que s'est ouvert, mercredi 20 janvier à Amsterdam, le sommet de l'aviation.
Les associations représentant les usagers de l'espace aérien - dont font partie l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA), l'Association internationale des charters aériens (AICA) et l'Association européenne des compagnies aériennes à bas coûts (ELFAA) - ont exprimé, une nouvelle fois, leur relatif mécontentement quant à la stratégie 'aviation' de la Commission européenne, qui « manque d'ambition » (EUROPE 11447 et 11448). Ils avancent cinq priorités: - baisser les coûts externes imposés aux opérateurs aériens ; - améliorer les conditions du contrôle de l'espace aérien au-dessus du sol européen ; - fournir de nouvelles infrastructures à la fois au sol (au niveau des aéroports et des prestataires de services de navigation aérienne) et dans les airs ; - contrôler les situations monopolistiques de certains fournisseurs d'infrastructure ; - réduire les obstacles réglementaires qui pèsent sur les opérateurs aériens.
Le Conseil international des aéroports en Europe (ACI Europe) insiste sur le respect des principes de réciprocité et de concurrence loyale dans le cadre des mandats de négociations avec les pays tiers. La commissaire aux Transports, Violeta Bulc, a en ce sens assuré qu'une clause de concurrence loyale y sera intégrée (EUROPE 11471). Par ailleurs, sur le volet intérieur de la stratégie européenne, l'ACI demande à lever les obstacles réglementaires, qui engendreraient des coûts supplémentaires « propres à l'Europe ». L'organisation appelle ainsi à l'abolition des charges dans le secteur aérien au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Autriche et en Italie. Enfin, ils appellent à une mise en oeuvre rapide du Ciel unique européen et d'une approche fondée sur le risque potentiel et non sur un cadre réglementaire rigide.
La Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) a adopté, de son côté, une position détaillée, mardi 19 janvier, en vue de renforcer et préciser le volet social de la stratégie de la Commission. Les syndicats y indiquent une série de mesures concrètes, telles que le renforcement des dimensions sociales et de sûreté dans le mandat de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), un renforcement du rôle des partenaires sociaux dans l'élaboration des politiques européennes, que ce soit dans le cadre du volet interne ou externe de la stratégie, le développement d'un 5ème pilier du Ciel unique qui comprendrait un « facteur humain » (dialogue social obligatoire pour la mise en oeuvre des blocs d'espace aérien fonctionnels - FAB), ou encore une plus forte coopération entre les services 'mobilité et transports' (DG MOVE) et 'emploi et affaires sociales' (DG EMPL) de la Commission européenne. (Pascal Hansens)