Bruxelles, 18/01/2016 (Agence Europe) - Il existe un écart significatif entre le potentiel de réduction des émissions de CO2 des poids lourds à l'horizon 2030, tel que calculé dans l'évaluation d'impact de la Commission européenne, et le champ des réductions possibles sur une base scientifique, selon une étude de l'IAI (Impact Assessment Institute), publiée lundi 18 janvier.
Cette critique formulée par une ONG, créée en 2015 pour analyser les études d'impact de la législation de l'UE, concerne l'étude d'impact de la Commission européenne accompagnant sa communication de 2014 sur la 'Stratégie pour la réduction de la consommation de carburant et des émissions de CO2 des véhicules utilitaires lourds' [SWD (2014) 160 final].
Alors que la Commission table sur un potentiel de réduction de 35,1% par véhicule selon le meilleur rapport coût/efficacité à l'horizon 2030, seule une réduction de 20% est étayée par des preuves vérifiables, affirme l'IAI. L'analyse de cet institut met en évidence deux raisons pour expliquer cet écart: « d'une part, le calcul des mesures combinées de réduction de CO2 n'a pas pris en compte les chevauchements de ces mesures et, d'autre part, le coût de la technologie de propulsion avancée a été sous-estimé ».
L'étude d'impact de la Commission anticipe que les mesures de réduction du CO2 seront beaucoup moins coûteuses, en pratique, que ses propres projections, en se référant à des études sur les émissions de CO2 des voitures particulières. « Or cette projection n'a pas été étayée par des preuves », fait valoir l'IAI qui suggère de nouvelles analyses pour fournir des éléments étayés permettant de dire si et dans quelle mesure un tel effet de réduction peut s'appliquer aux véhicules utilitaires lourds. (Aminata Niang)