Bruxelles, 18/01/2016 (Agence Europe) - L'économie circulaire pourrait apporter des bénéfices environnementaux considérables, mais les défis à relever pour effectuer la transition requise sont de taille, souligne l'Agence européenne de l'environnement (AEE) dans un rapport publié lundi 18 janvier.
À l'heure où les décideurs politiques de l'UE sont enclins à faire de l'économie circulaire leur nouveau credo pour réussir à combiner développement durable et croissance économique, ce rapport intitulé 'L'économie circulaire en Europe - développer la base scientifique' entend apporter sa contribution au débat sur le nouveau paquet législatif enfin sur la table (EUROPE 11462 et 11444).
« L'Agence européenne de l'environnement est prête à soutenir la transition vers une économie circulaire par son analyse et ses évaluations », déclare Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l'AEE.
Ce rapport montre qu'une transition vers une économie circulaire exige un changement radical dans toute la chaîne de valeur, depuis la conception des produits et les modèles de production jusqu'aux modèles de consommation en passant par les modèles d'entreprise. Cela exige aussi un élargissement significatif des connaissances de base pour évaluer les progrès réalisés et identifier les domaines qu'il convient d'approfondir pour provoquer le changement. Voici les principaux enseignements de cette étude:
- L'économie circulaire permettra: de réduire les pressions sur l'environnement, en Europe et au-delà ; de minimiser la forte dépendance de l'Europe à l'égard des importations croissantes de matières premières et de sources d'énergie ; de réaliser des économies considérables via l'augmentation de la compétitivité de l'industrie européenne et son lot de création d'emplois.
- L'AEE prévient toutefois que le passage de l'économie linéaire à l'économie circulaire créera des frictions du fait que l'approche novatrice de l'économie circulaire pourrait être perçue par certains acteurs économiques comme une menace, tandis que d'autres y verront surtout des opportunités.
- Les bonnes pratiques et certains indicateurs existent déjà, mais il faut aller plus loin. Le rapport souligne que les entreprises utilisent déjà ou expérimentent de nouveaux modèles de gestion (comme les modèles fondés sur les services et les fonctions et la consommation collaborative) tandis que les gouvernements encouragent de plus en plus la prévention des déchets, leur réutilisation et la réparation des produits. Il convient néanmoins de rassembler davantage d'informations pour permettre des décisions politiques informées et de mener une réflexion combinée sur les impacts environnementaux, les impacts sociaux et les impacts économiques, souligne l'AEE. Elle estime aussi qu'il faut une meilleure connaissance des structures et des fonctions de production, de la dynamique de consommation, des mécanismes financiers et fiscaux, ainsi que des facteurs et des pistes d'innovations technologiques et sociales. (Aminata Niang)