Bruxelles, 18/01/2016 (Agence Europe) - Les présidents du Conseil européen, Donald Tusk, et de la Pologne, Andrzej Duda, ont tous deux appelé, lundi 18 janvier, à mettre fin à l'« hystérie » qui sévit sur la question du respect ou non, par le gouvernement polonais, des principes fondant l'État de droit.
MM. Tusk et Duda ont beau avoir des affinités politiques différentes, ils ont néanmoins fait preuve d'une certaine complicité lors de la conférence de presse qu'ils ont organisée suite à leur rencontre bilatérale à Bruxelles. Le président du Conseil européen a, certes, raillé amicalement son invité, en profitant de l'engouement actuel pour la saga américaine Star Wars pour l'appeler à « passer du côté lumineux de la force » (nous y sommes depuis longtemps, lui a retoqué le président de la Pologne). Mais il a surtout témoigné du souci qu'il avait pour le pays, qu'il a dirigé pendant sept ans en tant que Premier ministre, et de ses relations avec l'Union.
M. Tusk a ainsi affirmé que le plus important aujourd'hui était que la Pologne préserve sa réputation acquise ces dernières années et la nature de ses relations avec l'UE, lesquelles ont été bâties depuis le début sur des intérêts communs et des bénéfices mutuels. Selon lui, c'est d'autant plus nécessaire aujourd'hui de sauvegarder ces acquis que la réputation du pays « a vacillé » dernièrement.
Comme cause de ce phénomène, il a surtout parlé du débat « hystérique » qui a suivi la décision de la Commission européenne de recourir au mécanisme sur l'État de droit (EUROPE 11467). Il s'est dit, d'ailleurs, peu « enthousiaste » pour cette initiative de la Commission et il ne considère pas que ce soit nécessaire d'inscrire « la situation en Pologne à l'ordre du jour des prochains Conseils européens ». Il a appelé tout le monde à la retenue et à la fin des pratiques de propagande, à la fois de la part des responsables politiques à Varsovie et à Bruxelles. Les premiers ont tort de dire que la Pologne a des « ennemis » dans l'UE ou qu'il y a une « conspiration » à l'encontre du pays et les seconds devraient faire preuve de plus de « sensibilité ».
Pour M. Duda, la nature du débat actuel a été provoquée par un « cirque médiatique », qui est fondé sur une distorsion de la réalité. Il a appelé de ses voeux un dialogue calme qui soit fondé sur des faits avérés. La Pologne ne remet pas en cause son appartenance à l'Union, mais elle demande que soit reconnue son autonomie politique, a-t-il soutenu. Pour appuyer ses propos, il a fait un lien entre les négociations en cours avec Londres sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE et le cas polonais. Selon lui, dans les deux situations, il s'agit tout simplement de l'expression du droit de chaque État membre d'avoir des capacités d'action « souveraines » et du besoin de se sentir « respecté ». (Jan Kordys)