Bruxelles, 15/01/2016 (Agence Europe) - Le Parlement européen se prononcera en février, et non le 19 janvier comme c'était initialement prévu, sur la motion de rejet de tout abaissement des normes d'émission des voitures à l'occasion de l'introduction dans l'UE des nouveaux tests d'émission des véhicules routiers en conditions réelles de conduite (deuxième paquet RDE).
Ainsi en a décidé la conférence des présidents de groupe, jeudi 14 janvier, au grand dam du groupe des Verts/ALE. Ce dernier souhaitait battre le fer pendant qu'il est chaud dans l'espoir que soit rapidement rejeté ce projet qui a fait l'objet d'un accord entre le Conseil et la Commission, très controversé car, au lendemain du scandale Volkswagen, il autoriserait un relèvement de 110% des valeurs limites d'émission des oxydes d'azote des moteurs diesel.
Il y a tout juste un mois, la commission de l'environnement du Parlement avait invité la session plénière à objecter en janvier à cette décision qui permettrait aux constructeurs automobiles de produire et de commercialiser jusqu'en 2019 des voitures polluant jusqu'à deux fois plus que ne le permettent les valeurs limites imposées par la réglementation actuellement en vigueur (EUROPE 11454).
Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts/ALE, est furieuse car elle voit dans ce report une manoeuvre pour tenter « d'empêcher le rejet de cette procédure de test RDE totalement biaisée » et redoute que ce délai ne soit mis à profit par le lobby automobile pour parvenir à ses fins. « Ce report pourrait être dans l'intérêt de certains constructeurs automobiles qui traînent les pieds, mais ce n'est pas dans l'intérêt des citoyens européens qui ont souffert des conséquences d'une approche laxiste de la réglementation de l'UE sur la pollution de l'air. Nous espérons que les députés resteront sourds au lobby automobile pendant ce délai d'un mois ».
Par la voix de Sharon Dijksma, ministre de l'Environnement des Pays-Bas, la Présidence néerlandaise du Conseil a indiqué, jeudi 14 janvier, aux députés de la commission de l'environnement, qu'elle était prête à entamer des négociations en trilogue sur ce dossier, dès que le Parlement aura tranché (EUROPE 11468). (Aminata Niang)