Bruxelles, 15/01/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères européens devraient appeler, lundi 18 janvier, lors de leur Conseil, à la mise en oeuvre rapide de l'accord conclu en décembre et à l'installation du nouveau gouvernement en Libye. La date limite pour la constitution du gouvernement est le dimanche 17 janvier.
Leurs conclusions, adoptées sans débat, devraient être « une invitation aux parties libyennes à mettre en oeuvre rapidement l'accord et à installer le gouvernement d'unité nationale et à avancer sur des éléments qui pourraient concourir aux arrangements de sécurité », a expliqué une source diplomatique. Elle a ajouté que « ces arrangements étaient préalables au travail de sécurisation en Libye: les demandes doivent venir des autorités et, pour cela, les autorités doivent être organisées ». « Il y a un travail de hiérarchisation à faire du côté des Libyens et, en réponse, il y a le travail de planification par l'Union », a ajouté la source, précisant que ce travail devait se faire en liaison avec l'ONU, les Libyens et les Italiens qui travaillent sur une éventuelle mission militaire. Les ministres devraient aussi rappeler leur soutien à l'envoyé spécial Martin Kobler, qu'ils avaient rencontré lors de leur Conseil de décembre.
Irak, Syrie et Ukraine au menu du Conseil
Les ministres devraient aussi s'entretenir sur la Syrie et les évolutions récentes dans la région. La discussion devrait permettre de donner suite aux réunions de Vienne et de New York, notamment l'adoption de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies et alors que les discussions intra-syriennes sont prévues pour le 25 janvier. Les représentants des États membres et la Haute Représentante ont d'ailleurs rencontré, jeudi 14 janvier, le coordinateur général du Haut comité des forces révolutionnaires et de l'opposition, Ryad Hijab. Le Conseil devrait s'entretenir sur la façon dont l'UE pourrait appuyer davantage les efforts du Représentant spécial de l'ONU, Staffan de Mistura. Les ministres pourraient aussi parler de la conférence prévue à Londres le 4 février, dont l'objectif est d'identifier un certain nombre de moyens pour aider les pays voisins de la Syrie dans l'accueil et le maintien sur place des réfugiés. La Commission devrait présenter à cet effet un paquet de mesures, pas uniquement financières, mais aussi commerciales. Il est aussi possible que des ministres évoquent la détérioration des relations entre l'Iran et l'Arabie saoudite, qui pourrait avoir un effet sur les négociations sur la Syrie, même si les deux parties ont confirmé leur participation aux négociations. La Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité pourrait, selon une autre source diplomatique, être mandatée par le Conseil pour discuter avec les deux parties. La détérioration de la situation humanitaire en Syrie pourrait aussi être abordée.
Les ministres discuteront également de la situation en Irak, pays sur lequel le Conseil a adopté des conclusions en décembre (EUROPE 11454). La discussion devrait ainsi reprendre les éléments des conclusions tels que le soutien politique de l'UE au gouvernement irakien pour les réformes économiques, sociales et sécuritaires, le processus de réconciliation dans le pays ou encore l'assistance européenne dans les zones libérées de Daesh, afin d'aider au rétablissement des services de base pour la population.
Le ministre des Affaires étrangères jordanien, Nasser Judeh, rejoindra ses homologues européens pour le déjeuner pour discuter des enjeux de politique étrangère dans la région du Moyen-Orient tels que la Syrie, le processus de paix au Proche-Orient ou encore les tensions Iran/Arabie saoudite.
L'après-midi, les ministres discuteront du processus de réformes en Ukraine et du soutien de l'UE et des États membres à ce pays. Une source diplomatique a précisé que si le pays « connaît depuis 2014 une vague inédite de réformes internes », dans le même temps, « un certains nombre de difficultés demeurent »: certaines réformes ne sont pas adoptées, d'autres sont incomplètes ou bloquées, telles que les mesures pour lutter contre la corruption. La discussion ne devrait, en revanche, pas porter sur la mise en oeuvre des accords de Minsk.
Par ailleurs, le Conseil adoptera, sans débat, des conclusions sur le processus de paix au Proche-Orient. À la demande de l'Espagne, la Haute Représentante devrait aborder la situation au Venezuela dans ses points introductifs. (Camille-Cerise Gessant)