Bruxelles, 02/12/2015 (Agence Europe) - Malgré un langage commun confirmant l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange (ALE) UE/Ukraine au 1er janvier 2016 et la poursuite, en parallèle, de consultations à trois, l'UE, la Russie et l'Ukraine ne sont pas parvenues, mardi 1er décembre, à un compromis satisfaisant, aux yeux des Russes, pour prendre en compte leurs préoccupations relatives à la mise en oeuvre de cet accord.
« Le scénario très probable est qu'il n'y aura pas un accord avant le 1er janvier et que le régime commercial non préférentiel (appliqué par la Russie à l'Ukraine, NDLR) sera introduit », a averti, devant la presse, le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukayev, à l'issue d'une réunion avec la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkin.
« L'horloge tourne très, très vite », a prévenu de son côté Mme Malmström, soulignant que l'ALE UE/Ukraine ne serait pas rouvert et que le report de sa mise en oeuvre ne serait pas prolongé. « L'ALE entrera en vigueur le 1er janvier », a-t-elle ajouté, assurant toutefois qu'elle était prête à continuer à essayer de répondre aux préoccupations russes en 2016, mais seulement si la Russie ne prend pas de mesures de rétorsion.
Lundi, les trois parties sont convenues de poursuivre leurs consultations au niveau des experts et des ministres. Une réunion trilatérale au niveau des experts devrait se tenir la semaine prochaine.
Aux termes des 'conclusions opérationnelles conjointes' adoptées mardi, l'UE, la Russie et l'Ukraine sont convenues que l'ALE UE/Ukraine entrera provisoirement en vigueur au 1er janvier 2016 et que les préoccupations russes quant à l'impact de cet accord pour son économie seront abordées dans le cadre des flexibilités de l'accord et de consultations à trois ultérieures.
La Russie, qui applique actuellement un régime douanier préférentiel à l'Ukraine, a menacé, courant novembre, d'abandonner ce régime et de lui étendre l'embargo imposé à l'UE sur certains produits alimentaires, si les préoccupations russes ne sont pas prises en compte sous une forme juridiquement contraignante qui nécessiterait une réouverture de l'ALE UE/Ukraine, ce que l'UE refuse.
Les consultations trilatérales sur l'ALE UE/Ukraine font partie de l'accord de paix de Minsk du 12 février relatif au conflit entre l'Ukraine et les rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine. (Emmanuel Hagry)