Bruxelles, 30/11/2015 (Agence Europe) - Les ministres de l'Industrie ont généralement réservé un accueil positif à la stratégie pour le marché unique de la Commission européenne, lors de la première journée du Conseil Compétitivité, qui s'est tenu à Bruxelles lundi 30 novembre.
La plupart des États membres ont salué le travail de la commissaire relatif à la stratégie qu'elle avait présentée le 28 octobre dernier (EUROPE 11417 et 11419), selon une source diplomatique. Nombre d'entre eux ont insisté sur la nécessité à la fois de renforcer et de faciliter l'accès aux financements pour les PME et TPE, sur l'accélération de la numérisation des entreprises et des industries (point souligné en particulier par l'Allemagne), sur la modernisation de la propriété intellectuelle, sur l'impératif de la reconnaissance mutuelle, notamment au niveau des biens de consommation et, enfin, sur la fluidification de la mobilité des travailleurs grâce à la reconnaissance des qualifications.
La délégation italienne a souligné, pour sa part, qu'il était nécessaire de donner une définition claire de ce qu'est une start-up, étant donné que la stratégie met l'accent sur cette catégorie de PME à très haute valeur ajoutée dans sa stratégie. La même délégation ainsi que celles française et slovène ont demandé d'introduire des indicateurs géographiques pour des biens non agricoles, rejoignant la position du Parlement européen (EUROPE 11404). La France a également mis en avant l'impératif de cibler au mieux les besoins des entreprises en fonction de la phase de développement. De son côté, l'Allemagne, qui a entamé une politique nationale de transition énergétique d'envergure pour sortir du nucléaire, a insisté sur la nécessité d'achever l'Union de l'énergie rapidement. Quant au Royaume-Uni, sa position très favorable avait été portée à la connaissance du public par la Commission européenne le jour même de la présentation de la stratégie, le 28 octobre.
La 2ème édition du « check-up de la compétitivité » portait sur la compétitivité de l'économie européenne face à la concurrence internationale. La commissaire à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, venue présenter la situation européenne, a expliqué que l'UE devait se concentrer sur les produits de haute qualité et à haute valeur ajoutée, remparts aux crises économiques et financières. L'exercice, comme lors de la 1ère édition, a répondu aux attentes des États membres, qui ont demandé de poursuivre l'expérience, selon une source diplomatique. La délégation néerlandaise a ainsi indiqué que ce dispositif sera maintenu. La délégation autrichienne a proposé, pour sa part, d'introduire des indicateurs multidimensionnels, comprenant des aspects macroéconomiques et microéconomiques, extérieurs et intérieurs, afin de dresser un classement basé sur des résultats stables et comparables dans le temps. L'Italie et la Pologne ont, quant à elles, demandé de ne pas se concentrer uniquement sur les start-up, mais aussi sur les PME traditionnelles.
Durant le déjeuner, les ministres ont pu avoir un échange de vues avec le Premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, sur le programme pour une meilleure réglementation ('better regulation'). Les ministres ont insisté pour que ce programme soit mis en oeuvre dans la plus grande transparence et en occasionnant des coûts minimes. Certaines délégations ont proposé la création d'un directoire indépendant d'évaluation de l'impact des activités des trois institutions. La proposition faite par 19 États membres d'introduire des indicateurs quantifiables en vue de mesurer les effets de ce programme de façon fiable n'a pas reçu un accueil unanime, certaines délégations s'interrogeant sur son utilité, selon une source européenne.
En marge du sommet, les trois pays du Benelux ont signé un accord en vue d'analyser les difficultés d'approvisionnement que connaissent leurs entreprises dans le commerce de détail et de l'artisanat du fait de restrictions territoriales concernant les circuits de distribution. (Pascal Hansens)