Bruxelles, 30/11/2015 (Agence Europe) - L'édition 2015 du 'sommet' euro-méditerranéen des conseils économiques et sociaux (CES) s'est ouverte, lundi 30 novembre à Bruxelles, au Conseil économique et social européen (CESE).
Cet événement est l'occasion d'un dialogue ouvert, entre partenaires sociaux des deux rives et, ensuite plus largement, avec la société civile organisée. Le moment est délicat, marqué par la persistance des bouleversements politiques et de la menace terroriste dans l'ensemble de l'espace euro-méditerranéen.
« Les défis sont grands », a souligné Georges Dassis, nouveau président du CESE, dans une interview à EUROPE. Il a réaffirmé que la Méditerranée demeure une « région prioritaire pour notre Comité » d'autant plus que « les événements actuels ont des conséquences majeures pour les citoyens de l'UE ».
L'UE a à coeur d'engager le dialogue avec la société civile structurée. C'est une des principales intentions annoncées le 18 novembre par la publication de la version révisée de la Politique européenne de voisinage (PEV) (EUROPE 11433). Elle entend l'associer à la prise de décision en la consultant sur tous les aspects de son action dans la région, comme elle l'a déjà fait lors de la phase de réécriture d'une PEV dont la mise en oeuvre n'attend que le feu vert des États membres. Les CES euro-méditerranéens entendent porter la parole de cette société civile qui réclame plus de transparence et un rôle direct à jouer.
Le 'sommet', qui se tient jusqu'au mardi 1er décembre, doit permettre de « réagir à cette nouvelle version de la PEV » et aussi de faire un bilan « 20 ans après la déclaration de Barcelone », a souligné M. Dassis (EUROPE 11440). « Il est trop tôt pour juger de l'impact que pourrait avoir cette nouvelle politique. (..) Nous sommes heureux de voir qu'une consultation publique a été organisée » et il est « important que ces consultations en ligne, unidirectionnelles et indiscriminées, se transforment en un véritable dialogue » structuré, a-t-il déclaré.
Pour M. Dassis, « les organisations de la société civile sont les acteurs fondamentaux dans le dialogue afin qu'une plus grande compréhension se développe ». Selon lui, « il est aussi crucial qu'en Europe la société civile s'investisse dans la défense des valeurs européennes face à un possible repli sécuritaire ». Et d'ajouter: « Devant les défis auxquels nous faisons face, il ne faut pas moins de société civile mais, au contraire, beaucoup plus. La mention répétée de la société civile dans la nouvelle PEV est la bienvenue. Il faut pourtant qu'on comprenne par cela des organisations plus fortes et plus représentatives, plus de dialogue social, plus de dialogue civil et plus de structures stables de consultation et de dialogue. Il faut aussi que tous les pays de l'Union pour la Méditerranée (UpM) s'engagent véritablement dans cette démarche. Le CESE, pour sa part, poursuivra son travail dans ce sens. »
M. Dassis s'est dit convaincu que « le dialogue avec les pays du voisinage doit avoir comme finalité la construction de la paix, c'est-à-dire la prévention des conflits, la réduction des inégalités entre hommes et femmes, le développement économique et social, la sécurité énergétique ». Ce dialogue devrait aussi, selon lui, inclure les défis climatiques et environnementaux, la création d'emploi pour les jeunes et « donner des réponses régionales en matière d'immigration ».
Le rôle des partenaires sociaux dans la consolidation de la démocratie politique ainsi que le défi migratoire sont également à l'ordre du jour du 'sommet' des CES. Dans le cadre de la nouvelle PEV, « il sera important que l'UE insiste sur des sujets tels que la liberté d'expression, de rassemblement et de presse dans ses relations avec les pays du voisinage », a estimé M. Dassis. Sur la question des réfugiés, il a plaidé pour que la PEV garantisse « le respect absolu de droit d'asile et de protection internationale aux réfugiés qui quittent leur pays par peur de persécutions ». « Une vraie politique de voisinage devrait donner des moyens pour protéger les défenseurs des droits de l'homme dans tous les pays de la région », a-t-il souligné.
À l'issue du 'sommet', une déclaration finale associant la société civile sera publiée et transmise aux autorités politiques. (Fathi B'Chir)