Bruxelles, 29/10/2015 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le chancelier autrichien, Werner Faymann, sont convenus, mercredi 28 octobre, lors d'un entretien téléphonique, que les « murs n'avaient pas leur place » dans l'UE, a indiqué la Commission européenne, jeudi 29 octobre. Lors de cette conversation, le chancelier Faymann aurait donc renoncé à l'idée, avancée mercredi matin par sa ministre de l'Intérieur, d'ériger une « barrière » à la frontière avec la Slovénie (EUROPE 11420), ce qui constituerait un précédent pour deux pays membres de l'espace de libre-circulation Schengen.
Jeudi, la Commission européenne a par ailleurs appelé les leaders à passer enfin à l'action pour éviter « une tragédie humaine » et à ne plus perdre de temps dans la mise en œuvre de leurs décisions, notamment par la création, « immédiatement », de 50 000 places d'accueil pour les migrants sur cette route des Balkans, a dit Margaritis Schinas, porte-parole de l'institution. Une première téléconférence entre les 11 pays présents au mini-sommet du 25 octobre consacré à cette route des Balkans (Autriche, Allemagne, Hongrie, Grèce, Roumanie, Slovénie, Croatie, Bulgarie, Serbie, Ancienne République Yougoslave de Macédoine, Albanie) devait d'ailleurs se tenir jeudi 29 octobre dans l'après-midi. « Nous comptons sur ces pays pour qu'lis apportent des mesures concrètes », a poursuivi M. Schinas.
Décidée dimanche 25 octobre, la création de 50 000 places sur la route des Balkans vise à permettre aux gens qui « bougent tout le long de cette route » de trouver refuge et de ne pas dormir dehors pendant leur périple, a expliqué pour sa part Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission pour la Migration. Les 50 000 places qui devront être créées en Grèce semblent, elles, davantage destinées à 'fixer' sur le sol grec les migrants qui pourront soit être relocalisés vers un autre pays de l'UE, soit demander l'asile en Grèce, soit être renvoyés vers leur pays d'origine, selon la distinction dressée jeudi par la porte-parole.
Alors que de nouveaux décès ont été constatés jeudi au large de l'île grecque de Lesbos, la Commission a rappelé qu'à ce jour seulement 86 relocalisations de réfugiés avaient eu lieu et, cela, depuis l'Italie vers la Suède principalement. La Finlande, la France et l'Espagne devraient procéder pour leur part, à partir de la semaine prochaine, à de nouvelles relocalisations de réfugiés et 30 personnes attendent toujours d'être relocalisées depuis la Grèce vers le Luxembourg notamment. Selon M. Juncker, les engagements actuels pour ce qui concerne les relocalisations s'élèvent à 700 (sur les 160 000 promis), a dit le président mardi 27 octobre à Strasbourg.
La Slovénie, quant à elle, a de nouveau appelé ses partenaires à l'aide, mercredi 28 octobre, et les a mis en garde contre des mesures de rétorsion, notamment à ses frontières, si l'aide promise dimanche n'était pas concrétisée rapidement. Dimanche 25 octobre, les leaders des 11 pays se sont engagés à envoyer 400 officiers de police en Slovénie pour l'aider à gérer l'afflux de migrants. Selon Mme Bertaud, 6 à 7 États membres ont à ce jour indiqué leur disponibilité à respecter cet engagement, l'Autriche et l'Allemagne ayant ainsi promis l'envoi, à elles-deux, de 8 officiers. (Solenn Paulic)