Bruxelles, 30/09/2015 (Agence Europe) - Des rumeurs sur les « réserves » et « réticences » formulées par le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, lors d'une réunion ministérielle des pays du Mercosur, la semaine dernière, laissent planer le doute sur l'issue prochaine des pourparlers de libre-échange entre l'UE et le bloc sud-américain, à la veille d'une réunion au plan technique entre les deux parties, les 1er et 2 octobre, pour tester le niveau d'ambition des offres respectives en matière d'accès au marché.
Une réunion des ministres des Affaires étrangères du bloc Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela, ce dernier ne participant toutefois pas aux pourparlers), la semaine dernière à Asunción, a mis en lumière les divergences de vues persistantes au sein du bloc sud-américain vis-à-vis des pourparlers de libre-échange avec l'UE entamés en 1999, gelés fin 2004, puis relancés en 2010.
Selon des sources diplomatiques, relayées le 25 septembre par le média uruguayen MercoPress, l'Argentine a adopté une « attitude très défensive » lors de cette « longue réunion », M. Timerman insistant sur les « réticences » de son pays à ouvrir son marché et soulignant les « réserves » de Buenos Aires à l'égard de ce que l'UE est prête à donner dans son offre sur l'accès au marché.
Les négociateurs en chef de l'UE et du Mercosur se réuniront au plan technique, les 1er et 2 octobre à Asunción, pour évaluer la solidité des offres des deux blocs en matière d'accès au marché, en vue de procéder à un échange de ces offres avant fin 2015, comme les deux parties en ont formulé le voeu lors d'une réunion des ministres du Commerce, en marge du sommet UE/Amérique latine le 11 juin dernier. L'étape suivante prévue serait une réunion politique, en novembre, pour faire converger les positions. Les offres sur l'accès au marché couvrent les produits agricoles et industriels, mais aussi les services et les marchés publics.
Hôte de la réunion d'Asunción la semaine dernière, le chef de la diplomatie paraguayenne, Eladio Loizaga, a assuré qu'il y avait « beaucoup » d'attentes à l'égard de la réunion à venir, estimant que c'était « le bon moment et une chance unique d'avancer dans des négociations qui ont été gelées pendant trop longtemps ». « Je crois que nous avons énormément progressé », a-t-il estimé. (Emmanuel Hagry)